Honda avait déjà installé son turbo évolué sur l’Aston Martin de Lance Stroll lors du Grand Prix d’Espagne à Madrid. L’information, révélée par Koji Watanabe, président de Honda Racing Corporation, éclaire désormais le calendrier des évolutions du motoriste japonais. À Bakou, Fernando Alonso a reçu son cinquième turbo de la saison : Motorsport Japan estime qu’il pourrait s’agir de cette version améliorée, sans que cela soit confirmé officiellement.

Le turbo évolué de Honda, un secret bien gardé jusqu’à maintenant
Le turbo était déjà en piste
Il ne s’agit pas d’un deuxième turbo monté simultanément sur la voiture, mais d’une nouvelle évolution de la pièce. Honda l’aurait introduite à Madrid sur la monoplace de Stroll, avec l’objectif d’améliorer la maniabilité de l’unité de puissance. En Formule 1, le turbo doit fournir de la puissance sans rendre la réponse du moteur imprévisible lorsque le pilote remet les gaz. Pour Aston Martin, la question est autant de rendre l’AMR26 plus facile à conduire que de trouver quelques kilomètres-heure en ligne droite.
La précision compte, car le mot « turbo » ne suffit pas à expliquer la nature de la nouveauté. Le système ADUO — les opportunités supplémentaires de développement et d’homologation prévues par le règlement 2026 — permet aux motoristes en retard sur la performance du moteur thermique d’introduire des évolutions homologuées. La FIA a confirmé qu’Audi, Ferrari et Honda disposaient de deux homologations supplémentaires pour 2026 et deux pour 2027, après avoir été mesurés à plus de 4 % du meilleur moteur thermique.
Cette révélation arrive après que l’évolution moteur introduite à Zandvoort a surtout retenu l’attention autour du V6. Le turbo apporte un autre volet au travail de Honda : améliorer la réponse du groupe propulseur plutôt que rechercher uniquement une hausse de puissance. Ce détail aide à comprendre pourquoi la performance brute et la maniabilité restent toujours deux chantiers distincts pour Aston Martin.
Cette marge réglementaire donne à Honda une possibilité de travailler sur plusieurs éléments, mais elle ne transforme pas chaque pièce neuve en révolution. Le turbo évolué vise d’abord la réponse et la facilité d’exploitation. La livraison de puissance doit être plus progressive, surtout à la sortie des virages lents. C’est un point que les pilotes réclamaient depuis plusieurs courses, alors que Honda reconnaissait encore des progrès à accomplir après Madrid.
Un petit pas, pas un remède miracle
Le retour des pilotes à Madrid avait été décrit comme positif sur la maniabilité, même si Alonso avait encore signalé des points à améliorer. C’était encourageant, sans constituer une preuve que le problème était réglé. Le circuit madrilène apportait un premier test utile ; Bakou, avec ses longues lignes droites et ses virages serrés, allait demander davantage au moteur et à sa gestion de l’énergie, surtout dans les relances lentes.
Le week-end a vite ramené l’écurie britannique à la dure réalité. Alonso et Stroll ont écopé de pénalités après avoir dépassé les allocations de composants. L’Espagnol a reçu un cinquième moteur et un cinquième turbo ; le Canadien, un sixième turbo. Les deux Aston Martin se sont donc élancées depuis le fond de grille.
Alonso a ensuite abandonné après avoir perdu beaucoup de temps en ligne droite. Stroll a également dû s’arrêter, victime d’un problème de pression d’eau. Honda a reconnu que l’équipe était « à court de solutions » avec les outils disponibles pour ce week-end. Le tableau n’a rien d’un test réussi pour mesurer les bénéfices du turbo : le résultat final a surtout mis en évidence les limites actuelles du package et ses problèmes de fiabilité.
Un turbo ne peut pas tout effacer
Reste la question du cinquième turbo d’Alonso. Motorsport Japan estime qu’il pourrait s’agir de l’évolution déjà utilisée par Stroll à Madrid. Si cette lecture est exacte, Honda aurait donc fait rouler la nouveauté sur une voiture avant de l’installer ensuite sur celle de l’Espagnol. Mais tant que le motoriste n’a pas confirmé que les deux pièces étaient identiques, il faut garder cette attribution au conditionnel
Le contexte complique encore le bilan. Le nouveau composant a pu améliorer la maniabilité sans réduire suffisamment le déficit de puissance ou les soucis de fiabilité. Ce sont deux sujets différents. Honda et Aston Martin doivent donc éviter de présenter une évolution ciblée comme la solution globale à une saison difficile. Au moins, le turbo n’est plus une nouveauté attendue : Stroll en aurait déjà eu la primeur à Madrid, et Alonso aurait peut-être reçu la même version à Bakou. Pour savoir si ce progrès pèse réellement sur la piste, il faudra d’abord que les deux voitures arrivent au drapeau à damier.
🚨 Honda introdujo un segundo ADUO en el GP de España, según Watanabe
Se introdujo una versión actualizada del turbo en Madrid en el coche de Stroll, y posiblemente en el de Fernando en Bakú
El propósito fue reducir el turbo lag y manejabilidad de la Spec 2 de Holanda#F1 pic.twitter.com/zVRjqCAk8c
— Aston Martin F1 Noticias 🇪🇸 (@AstonF1Spain) September 30, 2026








