Moto GP
Publié le 7 octobre 2026 • 15:30 par André Lecondé

MotoGP 2027, 22 pilotes lancés en Q1 : la nouvelle qualification fait déjà craindre pour la sécurité

Les 22 pilotes disputeront ensemble la Q1 en 2027. Le MotoGP avait pourtant fractionné ses qualifications pour réduire le danger du trafic.

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À peine annoncé, le nouveau format MotoGP 2027 soulève déjà une question embarrassante. Les 22 pilotes participeront simultanément à la Q1 du Grand Prix, alors que la qualification avait précisément été divisée en deux groupes en 2013 pour réduire le trafic et les risques lorsque chacun cherche un tour rapide. Mat Oxley tire déjà la sonnette d’alarme : avec des MotoGP capables d’approcher 350 km/h, le spectacle supplémentaire voulu pour 2027 pourrait aussi produire un danger supplémentaire.

22 pilotes et seulement 15 minutes

Sur le papier, le nouveau week-end MotoGP est facile à comprendre. Vendredi, après 45 minutes de FP1 et une FP2 de 30 minutes sans incidence sur la qualification, tous les pilotes disputeront une qualification Sprint de 15 minutes.

Samedi, après 20 minutes de FP3, les compteurs seront remis à zéro. Et c’est là que surgit le problème. Les 22 pilotes participeront ensemble à la Q1 du Grand Prix pendant seulement 15 minutes. Les douze plus rapides accéderont ensuite à la Q2.

Une formule qui garantit de l’action, mais également beaucoup de motos simultanément à la recherche d’un tour clair.

« L’une des principales raisons » du changement de 2013

Mat Oxley rappelle justement pourquoi le MotoGP avait abandonné son ancienne qualification unique. « L’une des principales raisons de la division des qualifications en deux était le danger que représentait la présence d’autant de motos à 350 km/h lors des contre-la-montre », écrit l’ancien pilote devenu journaliste.

Avant 2013, le MotoGP utilisait effectivement une longue séance qualificative commune. Le système Q1-Q2 avait notamment permis de réduire le nombre de machines simultanément engagées dans les phases décisives de chasse au chrono.

Or le nouveau règlement fait partiellement marche arrière. Oxley résume le paradoxe : « Et maintenant, nous avons deux séances de qualifications avec 22 motos. » Car le problème concernera aussi la qualification Sprint du vendredi, elle aussi disputée par l’ensemble du plateau.

Le problème n’est pas seulement d’avoir 22 MotoGP

Le danger potentiel vient surtout de ce que feront ces 22 pilotes. Une qualification produit naturellement des différences de vitesse considérables. Certains préparent leur pneu, d’autres ralentissent pour créer un espace, quelques-uns cherchent une roue et d’autres arrivent lancés dans leur tour rapide.

Les qualifications actuelles connaissent déjà régulièrement des situations où un pilote rapide rencontre une moto beaucoup plus lente sur sa trajectoire. Multiplier le nombre de concurrents augmente mécaniquement les possibilités de rencontre.

Et avec seulement 15 minutes disponibles, chacun disposera de peu de temps pour construire son tour.

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Une saison MotoGP déjà très coûteuse en blessures

Le débat arrive surtout dans un contexte délicat. Huit des 22 titulaires, parmi lesquels Marc Marquez et Marco Bezzecchi, ont déjà manqué au moins une course en 2026 en raison de blessures. En comptabilisant Grands Prix et Sprints, ces absences atteignent 50 départs manqués.

Cela ne démontre évidemment pas que le nouveau format provoquera davantage d’accidents. Mais cela rend légitime une question : fallait-il ajouter deux séquences où l’ensemble du plateau cherchera simultanément la performance absolue ?

D’autant que le Warm Up traditionnel du dimanche disparaîtra. Les pilotes disposeront seulement de dix minutes d’ouverture de la voie des stands avant le Grand Prix pour effectuer plusieurs tours de reconnaissance.

Le grand saut dans l’inconnue en 2027

Cette interrogation devient encore plus intéressante avec la révolution technique prévue simultanément. Les moteurs passeront à 850 cc, les dispositifs de correction d’assiette seront interdits, l’aérodynamique réduite et Pirelli remplacera Michelin.

L’un des objectifs de cette nouvelle génération est justement de produire des motos plus adaptées aux dépassements et de contenir l’escalade des performances. Mais croire qu’elles seront nécessairement lentes serait déjà imprudent.

Lors des essais privés organisés après le Grand Prix d’Autriche, Diogo Moreira a ainsi déjà réalisé avec une 850 cc un chrono inférieur à la meilleure référence précédemment établie par Pedro Acosta dans ces conditions d’essais.

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Plus de spectacle, mais à quel prix ?

La logique commerciale du nouveau format est limpide. Le vendredi obtient son moment fort avec la qualification Sprint. Le samedi possède une nouvelle qualification complète avant le Sprint. Le dimanche reste consacré au Grand Prix. Chaque journée doit désormais produire son propre rendez-vous spectaculaire.

Mais la première controverse de cette réforme pourrait précisément naître de cette recherche permanente d’enjeu. En 2013, le MotoGP avait séparé ses qualifications alors que le trafic constituait déjà une préoccupation. En 2027, il remettra 22 pilotes ensemble pour aller chercher le chrono.

Et contrairement aux nouvelles 850 cc, il ne faudra même pas attendre leur premier tour de roue pour identifier le premier sujet sensible du nouveau règlement : à 350 km/h, davantage de spectacle signifie parfois simplement davantage de trafic.