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Les grandes manœuvres ont commencé, les moyens ont été commandés et la mobilisation générale des équipes est actée. A quelle fin ? Se mettre en ordre de bataille pour faire une saison 2020 avec un nombre limité de Grands Prix, sur des circuits sélectionnés où l’on s’y rendrait avec des effectifs réduits, un contingent qui ne devra pas dépasser 1 000 personnes. Carmelo Ezpeleta dévoile ses trois scénarios, plus un qu’il met à part, puisque ce serait le pire, y compris pour l’avenir…

On y croit ! Et il faut aller de l’avant, même si l’horizon est bouché par un brouillard dense qui ne semble pas près de se lever. Mais en MotoGP comme ailleurs, il va falloir relancer la machine, sous peine de transformer la crise sanitaire en désastre économique et social, ce qui ferait triompher sur tous les plans ce fléau de coronavirus.

Carmelo Ezpeleta est le général d’un paddock qui a la chance d’être soudé. Dans une interview sur le programme « Radioestadio del Motor » d’Onda Cero, l’Espagnol commence ainsi son exposé : « la première préoccupation est que cela se termine bientôt et avec la meilleure santé pour tous et la seconde est d’aller chercher différentes possibilités. » Et ces options, les voici…

Pour le chef de file de Dorna, le principal problème concerne les voyages. « La chose la plus importante n’est pas quand des compétitions sportives peuvent être organisées, ce qui, je crois, se fera fin juillet ou début août. L’essentiel est quand vont-ils nous laisser bouger et aller dans des endroits où nous pouvons courir. » Une fois les vols internationaux autorisés, le championnat pourra dessiner un calendrier plus ou moins définitif.

Carmelo Ezpeleta a également confirmé sur les microphones Onda Cero que, la semaine dernière, il avait tenu une réunion avec les usines MotoGP où ils ont élaboré un plan 2020 où quatre scénarios possibles sont envisagés. Le plus optimiste de tous consiste à commencer au mois d’août. Le plus noir serait l’annulation totale de la saison.

Commençons par la première hypothèse qui serait de se lancer au mois d’août à Brno. À ce jour, nous avons 7 Grand Prix reportés : Thaïlande, États-Unis, Argentine, Espagne, France, Italie et Catalogne. En théorie, le prochain rendez-vous au calendrier serait le Grand Prix d’Allemagne le 21 juin. Mais la course du Sachsenring ne se tiendra pas, le gouvernement allemand ayant interdit les grands événements jusqu’au 31 août.

« On ne m’a pas dit que l’Allemagne annulait, je prévoyais de parler à l’organisateur allemand le 27 avril, mais très probablement nous ne pourrons pas le faire. Et avec la Hollande, la même chose se produira. » Après le Sachsenring et Assen, la caravane du MotoGP devrait déménager en Finlande, mais « ce sera très difficile », a supposé Ezpeleta. « D’abord, parce qu’ils ne nous laissent pas aller approuver le nouveau circuit Kymi Ring, une opération qui devait avoir lieu début mai. Ensuite, l’activité est paralysée, les travaux ont été retardés. »

De cette façon, dans ce premier scénario posé par Dorna, la saison 2020 de MotoGP débuterait au plus tôt le 9 août à Brno. « Si à partir de là nous pouvions suivre le calendrier que nous avons déjà mis en place, ce serait merveilleux, car cela signifierait que nous avons surmonté la crise sanitaire et que nous pouvons faire des courses. Donc, la chose la plus optimiste à laquelle je peux penser est de commencer à Brno ou en Autriche », a conclu Ezpeleta.

 

 

 

Mais il y a aussi une autre hypothèse de travail avec un calendrier composé de 10 Grands Prix organisés de septembre à décembre, soit en un peu plus de trois mois. « Nous commencerions en septembre, et la date limite que nous avons convenue avec les constructeurs pour courir serait le 13 décembre. Nous n’irions jamais au-delà de cette date. »

L’idée que Dorna a en tête est de faire 5 courses sur le sol européen et 5 autres en dehors de l’Europe, mais cela dépendra toujours des possibilités de mobilité entre les pays. « La saison se déroulerait en Europe en septembre et octobre, car au-delà la météo rendrait les choses impossibles. Et si vous pouvez voyager, en novembre et jusqu’à la mi-décembre, le reste des courses serait en dehors de l’Europe. Nous essaierions de courir sur les circuits qui sont à leur date et ajouterions certains de ceux qui ont été annulés, pour un total de 5 courses en Europe et 5 à l’étranger. »

Logiquement, dans ce scénario, le Circuit Ricardo Tormo n’abaisserait pas le rideau du championnat. « Que Valence soit la dernière course ne serait possible que sur l’étape 1. Nous en avons déjà discuté avec eux, que si nous terminions en décembre, nous chercherions à terminer le championnat dans un pays plus chaud. » La Malaisie, la Thaïlande et même le Qatar pourraient ainsi être candidats à la clôture du championnat.

Voilà deux hypothèses intéressantes, mais Carmelo Ezpeleta en a une troisième. Il s’agit de concentrer tout le championnat dans quelques endroits où il est possible de courir. Et si nécessaire, il y aurait plusieurs meetings sur le même circuit pour tenter de faire un total de 10 courses , le chiffre qui a été fixé comme minimum pour la saison pour avoir une certaine aura.

« Nous voici déjà dans un scénario très pessimiste », a confirmé Ezpeleta dans « Radioestadio del Motor ». « Si les restrictions de voyage étaient maintenues au mois de novembre, nous essaierions d’aller sur un, deux ou trois circuits en prenant des vols charters. Nous ferions une sorte de confinement dans le paddock et tenterions de faire un minimum de 10 courses. »

Essayez de courir 10 courses sur un, deux ou trois circuits serait ainsi le principe. Cette tournée réduite pourrait se faire en Espagne, car elle a quatre circuits au calendrier. Mais Ezpeleta n’exclut pas que ce soit aussi réalisable ailleurs. « Nous pensons à des endroits très chauds, car en Espagne, il ne serait pas possible de courir en décembre. » Encore une fois, la Malaisie, la Thaïlande ou le Qatar pourraient venir à la rescousse du championnat du monde de MotoGP le plus exceptionnel de tous les temps.

 

 

 

Enfin, il y a le scénario du pire… L’annulation totale de la saison. « C’est le dernier scénario et nous serions évidemment très stupides de ne pas le prendre en compte. Mais cela ne signifie en aucun cas que nous en sommes là maintenant. » Dorna fera tout son possible pour qu’il y ait une compétition en 2020 et, en ce sens, elle a le soutien de tous les acteurs qui font partie du championnat, des constructeurs aux équipes en passant par la FIM.

Les pertes, s’il n’y avait pas de saison, se chiffreraient en millions, non seulement pour l’organisation, mais aussi pour les équipes. A ce propos, il est clair pour Dorna que les trois scénarios d’une saison possible se vivront avec les trois catégories. Le Moto2 et le Moto3 ne seront pas laissés sur le bord de la route…

On résume :

Hypothèse 1 : on ouvre la saison en août et on déroule le calendrier prévu.

Hypothèse 2 : 10 Grands Prix, 5 en Europe, 5 hors-Europe, de septembre au 13 décembre.

Hypothèse 3 : 10 Grands Prix sur un, deux ou trois circuits déterminés où le paddock serait confiné.

Hypothèse 4 : l’annulation pure et simple de la saison, qui aurait aussi des conséquences sur les années à suivre…

 

 

Calendrier envisagé :