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Pour le team manager de Ducati Corse, il va falloir être capable de faire preuve de beaucoup de réactivité et savoir prendre de nombreuses initiatives lors du début de la saison qui va commencer, avec treize courses en dix-huit semaines. La situation sanitaire va grandement modifier les comportements et la façon de faire pour cette année 2020 qui n’a jusqu’à présent connu aucun équivalent dans les annales.

« Il sera possible de travailler dans le stand à proximité les uns des autres, par exemple plusieurs personnes sur la même moto, à condition de porter des lunettes de protection, un masque et une visière en plastique. Habillé comme ça, ce sera un peu gênant, surtout avec la chaleur, mais je ne pense pas qu’il y aura de ralentissement particulier dans le travail. Nous avons eu plus d’une réunion avec Dorna et l’IRTA sur ces procédures, qui ont également été modifiées sur la base de nos suggestions, ce qui me satisfait » a expliqué Tardozzi à Matteo Aglio de GPOne.com.

Parler aux pilotes pendant les séances d’essais sera-t-il un problème ?

« Il est évident qu’on ne peut pas mettre un pilote qui vient de descendre de moto derrière un plexiglas, ainsi qu’un masque, parce qu’il a besoin de respirer. Nous nous préparons à résoudre le problème : soit en obligeant les membres de l’équipe à prendre toutes les précautions, comme des visières, soit en mettant un microphone connecté à nos casques qui permet à chacun d’entendre ce que dit le pilote. Nous allons essayer ce système à Misano la semaine prochaine, ce test sera une répétition générale pour le premier Grand Prix. »

Chaque équipe officielle sera composée de 45 membres, est-ce suffisant ?

« Ils ont été augmentés de 5 à la demande de certaines équipes japonaises. Je pense que c’est un chiffre juste, la MotoGP nécessite plus de personnel que les autres classes mais cela ne nous pose pas de problème. »

Pit Beirer, le directeur des sports mécaniques de KTM, a dit qu’il était préoccupé par la possibilité de créer un groupe d’ingénieurs qui travaillent à distance, comme c’est le cas en Formule 1. Est-il possible de le faire en MotoGP ?

« J’ai également lu ce qu’il a dit mais je n’avais jamais entendu parler de cette possibilité auparavant. Honnêtement, je n’ai pas compris ce qu’il voulait dire, personne n’en a jamais parlé officiellement et je ne saurais pas quoi répondre. Pour faire un travail comme la Formule 1, il faudrait recourir à la télémétrie, ce que nous n’avons pas, nous n’avons que l’acquisition de données. Ils peuvent faire un certain type de travail parce qu’ils téléchargent des données en temps réel et peuvent agir sur la voiture, mais à moto la situation est très différente. C’est tout ce que je peux dire à propos de la télémétrie. »

Est-ce qu’un programme aussi serré avec peu de pauses affecte les techniciens et les autres membres de l’équipe ?

« Ce sera certainement stressant, mais nous aimons tous notre travail. Nous aimons les courses beaucoup plus que nous nous aimons nous-mêmes, nous ferons volontiers ce sacrifice. »

D’autre part, comment les pilotes devront-ils aborder cette saison, feront-ils attention à prendre moins de risques ?

« Je pense que le gars le plus rapide gagnera toujours. Il y aura certainement moins de marge d’erreur, mais je ne pense pas que les niveaux sur la piste changeront beaucoup, il n’y aura pas de grandes différences. »

« C’est une appréhension née d’un raisonnement fait à la maison, car quand le championnat commencera tout sera comme toujours. Au contraire, il y aura plus de stress lors des premières courses en raison de tous les protocoles de sécurité à suivre, mais j’espère qu’avec le temps, ils pourront être assouplis pour nous permettre de revenir à une situation plus normale. »

« Par ailleurs, Dorna a fait un travail formidable pour organiser ce calendrier et à mon avis, il est bien équilibré et adapté à ce moment. Il n’aurait pas pu en être autrement. »

Cela changera-t-il beaucoup de choses de courir sur certains circuits à différents moments de l’année ?

« Nous allons perdre certains repères, Michelin devra adapter le choix des pneus à des températures plus élevées sans les avoir testés dans ces conditions. Il y aura des points d’interrogation, mais nous pourrons tout trier. Les connaissances pour s’adapter sont là. »

Dovizioso et Petrucci, vont bientôt reprendre la compétition en motocross, dans le championnat régional d’Émilie-Romagne. Avez-vous des inquiétudes ?

« Il y a toujours un peu d’appréhension, mais s’entraîner sur la piste avec une moto de route ou de dirt track n’est pas moins préoccupant. Andrea et Danilo sont tous deux très bons en motocross et prendront toutes les précautions nécessaires. »

« J’ai un minimum d’inquiétude, j’ai confiance dans l’intelligence et les capacités de mes pilotes. Mais pas dans celles des autres concurrents : je ne voudrais pas que quelqu’un fasse une bêtise pour les dépasser juste parce qu’il se retrouve derrière Dovizioso ou Petrucci. »

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