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Ciabatti

Le directeur sportif de Ducati Paolo Ciabatti n’a pas été insensible aux critiques qui ont fusé après ce qui était pourtant un record. Le genre d’événement qui prêtait à la célébration dans le monde d’avant. Mais dans celui d’aujourd’hui, sortir d’une certaine norme c’est chauffer à blanc les pisse-froids. Ainsi, lorsque Johann Zarco a atteint les 362,4 km/h sur le tracé de Losail, dans une discipline du sport mécanique dont l’idée est quand même d’aller le plus vite possible, des cris d’orfraie sur la sécurité ont fusé. La Ducati allait trop vite à cause d’évolutions techniques dénaturant non seulement le concept même d’une moto mais posant aussi des questions de sécurité. Ciabatti répond.

Marc Marquez, du stand d’une usine Honda en pleine crise technique, avait martelé cette idée qu’une vitesse de pointe record était plus un sujet d’inquiétude que de réjouissance. En réponse, Paolo Ciabatti signale que les derniers drames vécus en Grand Prix moto n’étaient liés que de très loin à la V-max : « si vous regardez l’accident qui s’est produit au Mugello, cela s’est produit avec des motos très légères et pas très rapides », a déclaré sur Speedweek le directeur sportif de Ducati Corse. « Néanmoins, la chute a eu des conséquences extrêmement désastreuses. C’est pourquoi vous ne devriez pas vous concentrer autant sur la vitesse de pointe. Oui, nous avons vu la sortie de Zarco à Doha. Mais il a eu un vent arrière puis a raté le point de freinage en fin de ligne droite, et il s’en est sorti sans dommage ».

Il rappelle aussi : « Brad Binder a égalisé cette vitesse avec la KTM au Mugello. Mais je pense que le danger en course moto vient de la dynamique de certains accidents, la vitesse n’est pas vraiment le facteur décisif. Des accidents graves se produisent lorsqu’un pilote tombe et que les pilotes suivants sont incapables de l’éviter. Tout le monde sait qu’une collision avec un corps humain peut être mortelle même à 50 ou 60 km/h. Les forces d’inertie sur une moto pesant plus de 200 kg ont des effets importants et peuvent causer beaucoup de dégâts. Même à basse vitesse ».

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Ciabatti : « les risques sont plus élevés lorsque 20 pilotes roulent à proximité les uns des autres« 

Et puis il y aussi ce facteur : « un autre danger est que si vous tombez, la moto vous suit exactement dans la direction de la chute et peut vous écraser contre la barrière. Les dangers ont moins à voir avec les performances du moteur ou la vitesse de pointe qu’avec certaines dynamiques qui ne peuvent être évitées en course moto. À mon avis, les risques dans les courses Moto3 sont plus élevés lorsque 20 pilotes roulent à proximité les uns des autres. Cela se voyait encore clairement dans les derniers tours du Grand Prix de Catalogne », se souvient Ciabatti.

Il termine : « lorsque les pilotes se battent roue contre roue si près et que les motos fonctionnent toutes de la même manière, c’est dangereux. En Moto3, ce danger revient encore et encore parce que les groupes roulent si étroitement ensemble et que les motos ont un comportement qui conduit à ces scènes effrayantes. Parfois, en Moto3, c’est juste une question de chance, que vous tombiez ou que vous restiez en selle ».

Des éléments à méditer lorsque l’on voit le plateau MotoGP se resserrer au point qu’en qualifications, certaines scènes du Moto3 commencent à devenir la norme.

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