F1
Publié le 8 juillet 2026 • 01:15 par Oléna Champlain

F1 : Coup de frein pour Ferrari ? La FIA pourrait interdire son aileron révolutionnaire

La FIA réévalue l'aileron arrière rotatif après les accidents de Verstappen. Ferrari et Red Bull contraintes de revoir leur concept?

La révolution aérodynamique de la  F1 pourrait déjà connaître un sérieux coup d’arrêt. Selon plusieurs medias dont The Race, la FIA a décidé de réexaminer le concept d’aileron arrière rotatif, surnommé « Macarena », après les deux incidents spectaculaires subis par Max Verstappen lors des Grands Prix d’Autriche et de Grande-Bretagne.

F1 : L’aileron « Macarena », une espèce bientôt en voie de disparition?

Si cette technologie, introduite en 2026 avec les nouvelles règles d’aérodynamique active, promet un gain de performance considérable, les récents problèmes rencontrés par Red Bull F1 soulèvent désormais une question essentielle : la recherche de vitesse est-elle allée trop loin au détriment de la sécurité ?

Une innovation née chez Ferrari… reprise par Red Bull

Tout a commencé lors des essais hivernaux, lorsque Ferrari a dévoilé un concept inédit d’aileron arrière capable de pivoter complètement en mode faible traînée. Très vite, le paddock l’a baptisé « Macarena », en raison du mouvement spectaculaire effectué par le volet supérieur. Contrairement aux anciens systèmes de réduction de traînée, les monoplaces 2026 utilisent une aérodynamique active beaucoup plus sophistiquée. L’objectif est simple : réduire fortement la résistance à l’air dans les lignes droites tout en retrouvant instantanément un maximum d’appui dans les virages.

Quelques semaines plus tard, Red Bull a présenté sa propre version du système à Miami. Plus agressive que celle de Ferrari, elle offre une ouverture encore plus importante afin de maximiser la vitesse de pointe. Laurent Mekies avait toutefois insisté sur le fait que cette solution n’était pas une copie de la Scuderia.

« Nos ingénieurs avaient développé ce concept bien avant de voir celui de Ferrari. »Laurent Mekies 

Deux accidents qui changent tout

Sur le plan des performances, le concept semblait prometteur. Mais les événements des deux derniers Grands Prix ont complètement changé la perception de cette innovation. En Autriche, puis à Silverstone, Max Verstappen a perdu le contrôle de sa Red Bull après un dysfonctionnement de son aileron arrière actif. Les deux incidents se sont produits à très haute vitesse, faisant naître de sérieuses inquiétudes dans le paddock.

Après son abandon à Silverstone, le quadruple champion du monde n’a pas mâché ses mots.

« C’est extrêmement dangereux. J’aurais vraiment pu me blesser deux fois. J’ai eu de la chance en Autriche, j’ai eu de la chance ici. »Max Verstappen 

Le Néerlandais a expliqué qu’au moment de s’engager dans le virage de Stowe, l’aileron ne s’était pas correctement refermé, provoquant une perte brutale d’appui aérodynamique et un tête-à-queue à plus de 250 km/h.

La FIA convoque les équipes techniques

Face à ces incidents répétés, The Race affirme que la FIA prévoit désormais une réunion avec les responsables techniques des écuries afin d’évaluer les risques liés à cette technologie. L’objectif ne serait pas seulement d’analyser les deux accidents de Verstappen, mais également de déterminer si les règlements actuels garantissent un niveau de sécurité suffisant pour ce type de mécanisme.

Parmi les scénarios envisagés figureraient : un renforcement des tests de fiabilité ; une limitation de l’amplitude du mouvement de l’aileron ; voire une interdiction pure et simple des concepts jugés trop risqués si la FIA estime que la sécurité est compromise.

Red Bull prête à faire marche arrière

Consciente de la gravité de la situation, Red Bull n’exclut déjà plus un retour à une solution plus conventionnelle dès le prochain Grand Prix de Belgique. Laurent Mekies a assuré que toutes les options étaient désormais sur la table.

« Nous ferons tout ce qui est nécessaire pour garantir la sécurité. Nous n’écartons aucune solution. »Laurent Mekies 

L’équipe souhaite comprendre pourquoi deux défaillances différentes ont produit le même résultat en seulement deux courses.

Ferrari pourrait être indirectement touchée

Ironie de l’histoire, Ferrari n’est impliquée dans aucun des deux accidents. Pourtant, si la FIA décidait de durcir ou d’interdire cette famille d’ailerons rotatifs, la Scuderia pourrait elle aussi devoir modifier sa monoplace, puisque son concept repose sur la même philosophie d’aérodynamique active, même si son fonctionnement diffère de celui développé par Red Bull. Ce dossier pourrait ainsi devenir l’un des grands sujets techniques de la seconde moitié de saison.

La recherche de performance a permis aux ingénieurs de repousser les limites de l’aérodynamique, mais les récents accidents rappellent qu’en F1, la sécurité reste la priorité absolue. Les décisions que prendra la FIA dans les prochains jours pourraient avoir un impact majeur sur le développement des monoplaces jusqu’à la fin du championnat.