Si la performance pure des machines autrichiennes ne fait aucun doute, la fiabilité, elle, devient un sujet de préoccupation majeur chez KTM. Au Mugello, le Grand Prix d’Italie a tourné au cauchemar mécanique pour Brad Binder, dont la journée de vendredi a été rythmée par des pannes à répétition, rappelant douloureusement les déboires rencontrés lors de la manche précédente en Catalogne.
La série noire continue chez KTM. Alors que le constructeur autrichien tente de revenir dans la lutte aux avant-postes du MotoGP, les problèmes de fiabilité observés ces dernières semaines ont une nouvelle fois frappé au Mugello. Et cette fois, c’est Brad Binder qui en a fait les frais.
Le pilote sud-africain a provoqué le deuxième drapeau rouge des préqualifications après avoir été contraint d’immobiliser sa RC16 sur le bord de la ligne droite principale à seulement douze minutes du drapeau à damier. Un incident révélateur d’un problème plus profond.
Le plus inquiétant n’est pas la panne visible par tout le monde. C’est ce qui s’est passé avant. Après la séance, Binder a révélé qu’il avait en réalité subi deux défaillances mécaniques distinctes dans la même journée. Et sur deux motos différentes.
« Malheureusement, nous avons eu deux problèmes mécaniques aujourd’hui. Les mécaniciens savent de quoi il s’agit et ils sont en train de les réparer. » Interrogé sur la nature du problème, le pilote KTM n’a pas laissé planer le doute.

« Elles se sont arrêtées net » : Deux motos différentes, deux pannes chez KTM
Et lorsque les journalistes de crash.net lui ont demandé s’il avait reçu un quelconque avertissement avant la panne : « Elles se sont arrêtées net. » Une déclaration qui ne rassurera personne à Mattighofen. Car il est impossible de ne pas faire le lien avec les événements du Grand Prix de Catalogne.
Quelques jours plus tôt, Pedro Acosta menait la course lorsque sa KTM avait brutalement perdu sa puissance. Un incident qui avait directement déclenché le terrible accident d’Alex Marquez et provoqué l’un des week-ends les plus controversés de la saison.
À Barcelone également, Enea Bastianini avait connu des soucis techniques. Le Mugello confirme donc que ces incidents n’étaient pas isolés. Même si Binder refuse pour l’instant de céder à l’inquiétude. « Pas vraiment. À ma connaissance, c’était différent de ce qui s’est passé à Barcelone. »
« Honnêtement, je pense que c’est juste un coup de malchance. On traverse une mauvaise passe. Je ne dirais pas qu’il y a lieu de s’inquiéter. » Un discours officiel compréhensible. Mais qui devient plus difficile à défendre à mesure que les incidents s’accumulent.
Mais la meilleure nouvelle de la journée pour KTM est venue d’Enea Bastianini. Alors que Binder terminait seulement 18e et qu’Acosta échouait à la 13e place, « La Bête » a placé sa Tech3 à une remarquable troisième position.
Une performance qui n’a pas échappé à son équipier de marque. « Enea était visiblement en pleine forme ! » Binder reconnaît même que KTM pourrait désormais utiliser les données de Bastianini comme référence. « Il est vraiment impressionnant. On peut vérifier s’il a une approche différente pour éviter les problèmes de vibrations et voir comment il gère son temps. C’est le point positif. Il fait du très bon travail. On peut donc s’en inspirer et essayer de faire aussi bien. »
La situation est désormais délicate pour KTM. Pedro Acosta et Brad Binder devront passer par la Q1 samedi matin. Deux pilotes censés porter les ambitions du constructeur se retrouvent déjà dos au mur. Et au-delà du résultat brut, c’est la question de la fiabilité qui revient brutalement au centre des discussions.
Après l’accident d’Acosta à Barcelone, les deux pannes de Binder au Mugello et les problèmes rencontrés par Bastianini ces dernières semaines, KTM ne peut plus se permettre un nouvel incident majeur.
Car cette fois, ce n’est plus seulement une question de performance. C’est devenu une question de crédibilité.
La fiabilité est une denrée précieuse dans la course au titre MotoGP. Alors que le Mugello exige une sollicitation extrême des moteurs dans sa longue ligne droite, KTM joue une partie dangereuse. Le constructeur autrichien parviendra-t-il à identifier la cause de ces ruptures avant que les moteurs ne deviennent le principal obstacle à ses ambitions mondiales ?
More woes for @BradBinder_33, who's parked his RC16 👀#ItalianGP 🇮🇹 pic.twitter.com/EDgQo08orS
— MotoGP™🏁 (@MotoGP) May 29, 2026






























