Il y a quelques mois, j’affirmais que Pedro Acosta pouvait faire de l’ombre à Marc Marquez en 2027. À l’époque, beaucoup d’entre vous n’étaient pas d’accord avec cette affirmation, mais après ce que l’on vient de voir, il paraît clair qu’il sera difficile d’ignorer cette thèse. Désormais, le statut du prodige espagnol a changé.
Une victoire enthousiasmante
Même si Acosta a son lot de détracteurs – que je n’ai jamais compris, pour être honnête –, il apparaît indiscutablement comme l’un des meilleurs pilotes du monde, le deuxième après Marc Marquez cette saison. En Autriche, sur les terres de KTM, la marque qui l’a vu grandir, il a rayonné les trois jours, et aurait clairement pu faire le doublé si ce n’était pour une chute à quelques tours de la fin du Sprint, en tête.

Après celle-ci, j’ai vu, ici et là, énormément de moqueries, de commentaires désobligeants. Mais c’est nier l’histoire des Grands Prix : c’était arrivé dans le dernier tour du Sprint en Catalogne à Pecco Bagnaia (triple champion du monde), en 2024, c’était la spécialité d’Alex Marquez en Moto2 (double champion du monde et vice-champion MotoGP), ou encore à Jorge Martin, Mandalika 2023 si je ne dis pas de bêtises (champion du monde 2024). Marc Marquez, dans l’une de ses meilleures saisons en carrière, en 2025, a chuté de la sorte à Austin le dimanche. Stoner est même déjà tombé dans le tour de chauffe. Donc, ce genre d’erreur n’arrive pas qu’à Pedro Acosta, il n’est pas le premier à fauter en étant en tête, et ne sera pas le dernier. Ça ne veut pas dire qu’il est mauvais, ou qu’il ne peut pas gagner : la preuve, le lendemain, sa représentation ne laissait plus de place à l’interprétation.
Il a dominé du début à la fin. En contrôle, facile sur les dépassements, bien meilleur à la relance. J’ai l’impression qu’il n’a pas forcé, à aucun moment, et ce, même derrière le vainqueur du samedi, Jorge Martin, qui était un sacré client. Acosta s’est imposé logiquement, c’est le mot.
Tout le monde était heureux pour lui, car il méritait. Après tant d’années de galère sur une moto évidemment moins performante que les Ducati ou Aprilia, il passait pour l’outsider malheureux, un peu comme Fabio Quartararo en un sens. Sauf que lui n’a jamais abandonné mentalement sa mission, et, mi-2025, a clairement affirmé qu’il lui fallait moins parler et aller plus vite. C’est chose faite. Bon, la KTM était plutôt rapide à Spielberg, comme le prouve la sixième place de Brad Binder, pilote fantomatique depuis trois ans. Mais tout de même, il s’est arraché, a battu ses démons de la veille, et a remporté sa première victoire dominicale en MotoGP, après 15 podiums, ce qui constituait un record.
Je suis très heureux de l’issue du GP, et, humblement, cela confirme mon analyse le concernant. Maintenant, que prévoir en 2027 ?
Marc Marquez, déjà inquiet pour 2027 ?
Plusieurs scénarios sont envisageables pour 2027, et certains sont plus agréables que d’autres pour Marc Marquez, son futur coéquipier. Malheureusement, celui où Pedro Acosta l’envoie à la retraite après une douloureuse domination me paraît de plus en plus probable. Ce n’est pas nécessairement celui que je souhaite, mais je ne peux l’exclure. Je m’explique.
D’abord, Acosta est l’un des hommes forts du championnat alors qu’il roule la KTM, qui est, pour moi, la troisième moto du plateau à égalité avec la Honda. Tout le monde s’accorde à dire qu’il devrait logiquement progresser l’année prochaine, si et seulement si Ducati relève le défi des 850cc – personnellement, j’y crois. On sait ce dont il est capable : il est fort dans tous les domaines de la course, a du rythme, dépasse bien, est intelligent au guidon. Il n’a pas vraiment de défauts, en vérité.

À côté de ça, Marc Marquez, sans doute le meilleur pilote de tous les temps… mais vieillissant. On sent, déjà en 2026, que son engagement n’est plus le même au guidon. Quand il est sur « ses » circuits, ça va, on a l’impression de voir le grand Marquez. Mais sur les autres, sur les tracés où il ne peut pas se permettre la chute, c’est beaucoup plus compliqué. Regardez le Mugello, Assen, ou Silverstone. Et, en 2027, dans l’année de ses 34 ans, cette prudence pourrait encore s’accentuer.
C’est triste à dire, mais c’est la dure loi de la vie : les meilleures années de Marc Marquez sont derrière lui, c’est comme ça. Je ne dis pas qu’il ne pourra plus gagner de courses, ni même jouer un championnat, car son talent au guidon est largement supérieur à celui de ses camarades. Mais, face à un jeune loup affamé comme Pedro Acosta, cet ultime défi pourrait s’avérer extrêmement difficile à relever, surtout si le n°93 est poussé dans ses retranchements physiques.
D’ailleurs, une déclaration de Marquez himself m’inquiète : après la victoire d’Acosta, il disait que son jeune compatriote incarnait « le présent et l’avenir du MotoGP ». Ça veut tout dire.
Qu’avez-vous pensé du week-end de Pedro Acosta, et surtout, pensez-vous qu’il peut carrément gêner Marc Marquez en 2027 ? Dites-le-moi en commentaires !
Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

Photo de couverture : Michelin Motorsport








