La hiérarchie est désormais parfaitement établie chez Ducati. L’an dernier encore, certains observateurs estimaient que la GP24 pouvait, sur certains circuits, rivaliser voire surpasser la moto officielle. En 2026, ce débat n’existe plus. Les pilotes qui ne disposent pas de la dernière évolution technique reconnaissent désormais ouvertement leur désavantage.
Parmi eux figure Fermin Aldeguer. Le pilote Gresini ne cherche plus à comparer sa Ducati avec celles de l’équipe officielle. Il préfère concentrer son énergie sur ce qu’il peut contrôler. « Je ne regarde même plus les autres motos. Je me concentre simplement sur la mienne et j’essaie de me rapprocher le plus possible des meilleurs. C’est tout ce que je peux faire. »
Mais lorsqu’il est interrogé sur l’écart technique, l’Espagnol ne laisse planer aucun doute. « Piloter la moto de l’année dernière est un handicap, c’est évident. Mais je n’ai pas le choix. »
Ducati a récemment fait évoluer l’aérodynamique de la GP25 afin de retrouver certaines caractéristiques de la GP24, ce qui a permis à Aldeguer de retrouver de meilleures sensations. Pour autant, il estime que les pilotes d’usine bénéficient toujours d’un avantage décisif.
« Les pilotes officiels ont toujours ce petit quelque chose en plus qui leur facilite beaucoup de choses. » Une déclaration qui confirme ce que beaucoup soupçonnaient déjà dans le paddock : malgré des bases techniques très proches, toutes les Ducati ne disposent pas exactement du même potentiel.
Si Aldeguer accepte la situation avec philosophie, Franco Morbidelli vit une période nettement plus difficile. Après une première ligne obtenue à Barcelone et un week-end solide au Mugello, le pilote VR46 ne parvient plus à retrouver le niveau de performance affiché quelques semaines plus tôt.
À Brno, il n’a terminé que quatorzième avant de chuter à Assen. Le principal problème, selon lui, reste l’adhérence. « Je n’avais absolument aucune performance. Je n’avais absolument aucune adhérence. » Une situation qui dure depuis le début de la saison et dont il ne parvient toujours pas à identifier l’origine.

Ducati confirme une hiérarchie plus marquée
Avec une pointe d’autodérision, Morbidelli résume sur Motorsport-Total son incompréhension. « Peut-être que j’ai tout simplement oublié comment piloter une MotoGP. Je ne sais pas. »
Derrière cette formule se cache une véritable frustration : le vice-champion du monde 2020 ne comprend pas pourquoi il est capable de jouer les premiers rôles certains week-ends avant de disparaître complètement lors des suivants.
Alors que son avenir demeure incertain, Morbidelli refuse cependant d’invoquer la pression du marché des transferts. « Je fais de la compétition depuis l’âge de sept ans. J’ai toujours vécu sous pression. »
Et il conclut avec détermination : « Je n’ai pas peur de rentrer chez moi si je ne suis pas à la hauteur. Je ne suis pas là pour faire le minimum ou simplement toucher mon salaire. Je suis là pour performer, gagner des courses et donner le meilleur de moi-même. »
Les témoignages d’Aldeguer et de Morbidelli illustrent une évolution importante chez Ducati. Contrairement aux saisons précédentes, où les motos satellites semblaient parfois capables de rivaliser avec les machines officielles, les pilotes reconnaissent désormais que les dernières évolutions restent réservées aux équipes d’usine.
Un changement qui pourrait peser lourd dans la seconde moitié de saison, où chaque détail technique peut faire la différence dans une grille MotoGP plus compétitive que jamais.









