La mi-saison est passée, d’accord, mais cette deuxième pause estivale pourrait nous servir à évoquer les rookies. En effet, je crois que les deux nouveaux venus sont ceux dont j’ai le moins parlé jusqu’à maintenant. Je vous attends en commentaires sur notre page Facebook pour me dire ce que vous avez pensé d’eux également.
Diogo Moreira, une performance attendue ?
Commençons par celui qui est le mieux classé au général, à savoir, le Champion du monde Moto2 2025 Diogo Moreira. Le Brésilien était finalement assez attendu en MotoGP au vu de sa progression très rapide, mais aussi et surtout de sa nationalité. Cet énorme marché est désormais investi avec un Grand Prix à Goiânia, mais aussi, la cérémonie de lancement de la prochaine saison à venir.

Vous le savez, je n’ai pas été particulièrement bluffé par Moreira en Moto2. Il faisait un beau champion, aucun doute là-dessus, mais pas plus qu’un Augusto Fernandez en 2022, par exemple. Dans mes pronostics de pré-saison, je l’avais donc imaginé terminer entre la 15e et la 17e place, derrière Mir, mais devant… Ai Ogura. Si je m’étais fourré le doigt dans l’œil jusqu’au coude concernant Ogura, je suis encore dans les clous sur le dossier Diogo Moreira, qui occupe tout pile la 15e place du général à l’heure où ces lignes sont écrites. Je suis loin d’être un devin, donc ça prouve déjà que sa performance n’est pas exceptionnelle au premier sens du terme.
Qu’en est-il de ses résultats ? Moreira a réalisé son meilleur week-end en Hongrie, au Balaton Park. Il s’agissait d’une sixième place le dimanche, et d’une septième en Sprint. Ça s’explique de plusieurs façons ; la Honda est assez bonne sur cette piste, et le carton réalisé par Jorge Martin l’a aidé lors du Grand Prix. Hormis cela, il n’a enregistré qu’un seul abandon au Mans, et ne compte qu’un autre résultat blanc, une 17e place à Jerez. Il est solide, et navigue fréquemment entre la 9e et 12e position.
Il est largement devant l’irrégulier Joan Mir, et chez Honda, se défend très bien. En Italie, par exemple, il était le meilleur représentant de la firme ailée, alors que ses deux collègues ont vu l’arrivée. En course, on le voit rarement, car la réalisation internationale ne se concentre jamais sur ces positions, mais je ne doute pas de son talent en bataille qui avait impressionné Marc Marquez au Mugello.
Globalement, je dirais donc qu’il fait une saison solide, sans accroc majeur et qu’il progresse. Il n’a pas encore signé de performance remarquable, mais ça n’est pas forcément obligatoire dans une première année, et surtout pas avec cette moto. S’il continue comme ça et qu’on exclut les blessures de l’équation, il pourrait carrément dépasser Fabio Quartararo et Brad Binder, et pourquoi pas aller chercher Enea Bastianini. Bravo à lui, il a les cartes en main.
Dans quelques jours, je ferai un autre article le concernant, car se posera la question du futur coéquipier de Quartararo chez Honda dans très peu de temps. Qui, de lui ou de David Alonso, doit y aller ?

Des rookies aux profils mitigés
Vient maintenant le moment d’aborder le sujet qui fâche. Que penser de la mi-saison de Toprak ? Dans mes pronostics, je l’avais vu finir avant-dernier des titulaires en anticipant une grosse blessure d’Alex Rins. Beaucoup me l’avaient reproché, mais je savais que cet avis était tranchant au vu de sa popularité. Malheureusement, le Turc me donne raison jusqu’à maintenant.
Il n’y arrive pas, tout simplement. Actuel 21e, il ne compte que 14 points au classement, avec une 11e place pour meilleur résultat au Balaton Park – il fut également propulsé par l’abandon de quatre pilotes très forts. Il n’a aucune apparition dans les points en Sprint, aucun fait marquant, et s’est même fait dépasser par Cal Crutchlow au Sachsenring avant la chute du Britannique. Honnêtement, ça fait un peu peur.
Ses résultats, c’est une chose. Son ressenti, c’en est une autre. Ce qu’il rapporte à la presse est assez inquiétant. Récemment, il avouait être démoralisé à la vue de son nom dans les tréfonds du classement, lui qui était habitué aux premières positions en Superbike. Et c’est comme ça depuis six mois maintenant ; l’optimisme ne semble pas régner chez Pramac Racing, dernière équipe au classement avec un total de points absolument choquant : 37 unités pour les deux pilotes en 12 Grands Prix. À titre de comparaison, Trackhouse en compte 387, et Tech3, invisible ou presque, 89. C’est dingue.
Désormais, on me dit donc d’attendre 2027 et l’introduction des pneus Pirelli, comme si ça allait l’envoyer tout devant. Personnellement, je n’y crois pas, mais je garde en tête que Toprak est un pilote valeureux, qui a eu beaucoup de courage en acceptant ce challenge a priori impossible.
Maintenant, à vous ! Dites-moi en commentaires ce que vous avez pensé des rookies jusqu’à maintenant !

Photo de couverture : Michelin Motorsport









