Chez Ferrari, la saison des rumeurs ne connaît pas de trêve. À peine les moteurs refroidis à Monza que le nom de Frédéric Vasseur revient au centre du paddock, accompagné d’un scénario déjà bien ficelé : un départ à l’amiable à la fin de la saison 2026, le temps d’organiser la succession et de rendre au Français une vie moins exposée. Voilà une histoire qui a tout d’un plan de sortie soigneusement préparé. À ceci près qu’elle n’a, pour l’instant, rien d’officiel.

Vasseur : un départ négocié serait envisagé par la Scuderia Ferrari
Selon les informations relayées par F1 Actu, plusieurs sources citées par Thomas Maher, journaliste chez PlanetF1, évoquent une Ferrari qui chercherait à organiser le départ de son directeur d’équipe. La même information prête à la Scuderia l’intention de permettre à Vasseur de se recentrer sur sa vie personnelle, loin du stress et des projecteurs. Un scénario précis, donc, mais qui reste au conditionnel : Ferrari n’a annoncé aucun changement à sa tête et n’a confirmé ni négociation ni calendrier.
Le conditionnel est ici un invité de marque. En juillet 2025, Ferrari annonçait la prolongation de Vasseur avec un contrat « pluriannuel », sans en préciser la durée. L’accord était alors présenté comme un signe de confiance, après les spéculations qui avaient déjà entouré son avenir. La F1 rappelait que le Français avait rejoint Maranello en 2023 et que son contrat initial devait arriver à échéance à la fin de la saison 2025.
La nouvelle rumeur ne signifie donc pas qu’un départ est acté. Elle signifie que le bruit reprend — et qu’à Ferrari, il trouve toujours un public attentif. Le rouge attire les tifosi, les caméras et les hypothèses de succession avec une efficacité que bien des équipes aimeraient connaître. La Scuderia n’a pas besoin de publier un communiqué pour qu’un silence soit analysé ; elle n’a pas besoin de perdre une course pour qu’une crise soit annoncée.
Une saison qui nourrit les spéculations
Il faut dire que les dernières semaines ont offert de quoi garnir les conversations. À Monza, le duel entre Lewis Hamilton et Charles Leclerc au premier virage a mal tourné pour Ferrari : Leclerc a ensuite abandonné après un accident, tandis qu’Hamilton a terminé sixième. Vasseur a reconnu que le résultat était décevant et qu’il fallait discuter de la gestion des deux pilotes. La course suivante, à Madrid, n’a pas transformé la déception en grande réconciliation sportive : Leclerc a fini quatrième et Hamilton a abandonné sur problème mécanique.
Le décor est donc idéal pour relancer les hypothèses : résultats irréguliers, questions sur les consignes d’équipe, critiques sur la performance de la voiture et direction observée à la loupe. Mais un contexte tendu ne constitue pas une preuve de départ. Vasseur l’a rappelé le 10 septembre dans un entretien à Autosport, en regrettant que des rumeurs sur son limogeage ressurgissent alors que son contrat avait déjà été prolongé l’année précédente. « On dit que je vais être licencié ce week-end, ou que je l’ai été hier soir », résumait-il, avec le calme de quelqu’un qui connaît le programme du paddock.
Le Français a aussi défendu son approche de la gestion des pilotes : Ferrari maintient un traitement égal entre Hamilton et Leclerc tant que la situation au championnat ne justifie pas de hiérarchie. Une ligne de conduite qui se veut cohérente, même si elle peut paraître moins confortable lorsque les deux voitures se croisent d’un peu trop près. À Maranello, la paix entre coéquipiers est parfois aussi fragile qu’un aileron avant au premier tour.
Vasseur dénonce le bruit… en plein vacarme
Le 25 septembre, à la veille du Grand Prix d’Azerbaïdjan, Vasseur a de nouveau critiqué la circulation de récits non vérifiés autour de Ferrari. Selon Grande Prêmio, il a estimé que certaines rumeurs plaçaient l’équipe « dans une position impossible » : répondre risque de leur donner davantage de poids, tandis que ne rien dire peut être interprété comme un aveu. Il ajoutait que les histoires de tensions internes finissent vite par être présentées comme des faits établis.
Voilà le piège Ferrari : parler, c’est nourrir le feuilleton ; se taire, c’est laisser les scénaristes travailler. Et ils ont de l’imagination. Cette semaine, la rumeur du départ de Vasseur s’est également retrouvée associée à l’intérêt de Christian Horner pour la Scuderia. F1 Actu précise toutefois que rien ne permet d’affirmer que les deux dossiers sont liés. Il faut donc éviter de transformer deux spéculations voisines en plan de succession déjà signé et tamponné.
Sur la piste, au moins, les faits sont plus simples à compter. À Bakou, Charles Leclerc s’est qualifié deuxième, derrière George Russell, tandis que Hamilton a pris la sixième place. Un résultat qui donne à Ferrari une première ligne, mais rappelle aussi l’écart de performance avec la Mercedes de Russell. Une bonne qualification ne règle pas les interrogations sur l’avenir de Vasseur ; elle ne les fait pas disparaître non plus. Elle offre simplement à Maranello une journée où l’on peut parler davantage de chronos que de chaises musicales.
Pour l’heure, le tableau reste donc partagé entre une information attribuée à des sources journalistiques, un contrat pluriannuel annoncé en 2025 et l’absence de confirmation officielle d’un départ. La Scuderia peut préparer un changement en coulisses — ou laisser courir une rumeur de plus dans un paddock qui ne manque jamais de carburant.
Ferrari voudrait-elle tourner la page avec élégance ? C’est possible. Vasseur partira-t-il à la fin de 2026 ? Rien ne permet encore de l’affirmer. En attendant, Maranello a déjà son feuilleton : épisode après épisode, la sortie est annoncée, le contrat ressort des archives et le principal intéressé demande surtout qu’on regarde la piste. L’histoire, elle, n’a pas encore franchi la ligne d’arrivée.
🚨 | BREAKING!
Multiple sources suggest Ferrari is looking to 'stage manage' Vasseur out of his role after this season, to allow him to return to a lower profile and less stressful life to concentrate on personal priorities.
The suggestion is that Ferrari intends to give… pic.twitter.com/WzJOyEQ7Cn
— La Gazzetta Ferrari (@GazzettaFerrari) September 25, 2026








