Deux contrats longue durée, deux paris sportifs… et un Sprint où Max Verstappen et Pierre Gasly ont surtout regardé les autres distribuer les gros points.

Gasly et Verstappen, deux contrats, deux paris sur l’avenir.
Pierre Gasly n’a pas résisté. Interrogé sur la prolongation de Max Verstappen chez Red Bull jusqu’à fin 2030, le Français a commencé par saluer… le travail du manager. Avec le sourire, évidemment. Raymond Vermeulen aurait ainsi plutôt bien négocié l’affaire et, glisse Gasly, probablement obtenu au passage une sympathique revalorisation. Une manière assez élégante de rappeler qu’en Formule 1, la fidélité devient subitement très romantique lorsque le nombre de zéros sur le contrat augmente.
Mais derrière la petite pique, Gasly ne cache pas son admiration pour son ancien équipier. Pour lui, conserver Verstappen sur la grille est une excellente nouvelle : le Néerlandais reste à ses yeux l’une des références absolues de sa génération. Et il faut reconnaître que Red Bull vient de verrouiller un sacré morceau de son avenir : quatre titres mondiaux, 71 victoires avec l’équipe et désormais un contrat allant jusqu’à 2030. Max avait déjà un engagement jusqu’en 2028 ; il a donc choisi d’en remettre une couche au moment même où Red Bull traverse une saison beaucoup moins souveraine et pointe seulement au quatrième rang de la hiérarchie
Gasly peut sourire : lui aussi a signé pour croire
La remarque est d’autant plus savoureuse que Gasly connaît assez bien le concept du « je reste, maintenant à vous de me donner la voiture ».
En septembre dernier, le Français a lui aussi prolongé son aventure, s’engageant avec Alpine jusqu’à la fin de la saison 2028. À l’époque, il expliquait croire suffisamment au projet pour imaginer retrouver un jour les avant-postes. Un an plus tard, Alpine n’est toujours pas en train de terroriser Mercedes, Ferrari ou McLaren, mais Gasly continue de tenir le rôle du capitaine qui rame pendant que l’on reconstruit le bateau autour de lui.
La comparaison avec Verstappen est donc assez délicieuse. Max accepte de poursuivre avec une Red Bull descendue de son piédestal ; Gasly s’est attaché à une Alpine qui cherche encore l’escalier pour y monter. Dans les deux cas, il y a du talent, beaucoup de confiance affichée… et une équipe à laquelle il va désormais falloir fournir les arguments techniques correspondant à la durée du bail.
À cette différence près que lorsque Verstappen renouvelle, tout le paddock se demande combien de championnats supplémentaires il pourra gagner. Lorsque Gasly renouvelle avec Alpine, on commence généralement par demander quand arrivera le prochain plancher.
Charmante nuance.
À Zandvoort, Alpine donne enfin quelque chose à Gasly
Et justement, ce week-end néerlandais apporte un petit rayon de soleil au Français. Alpine a avancé l’arrivée d’un important package d’évolutions initialement prévu pour Monza : plancher, diffuseur, pontons et aileron arrière retravaillés. Faute de pièces suffisantes, Gasly est pour l’instant le seul à en bénéficier. Le résultat a été immédiatement visible : huitième en Sprint Qualifying, devant les Audi et Racing Bulls qui constituent précisément la cible d’Alpine dans le milieu de grille.
Gasly lui-même a décrit un net progrès en adhérence et en comportement de l’A526. Il avait surtout terminé la première partie de saison frustré de voir Alpine reculer face à ses adversaires directs. À Zandvoort, au moins, le chronomètre a cessé de lui rire au nez.
Et le Sprint de ce samedi a confirmé la tendance : Gasly a conservé sa huitième place et récupéré le dernier point disponible. Pas de quoi organiser une parade à Enstone, certes, mais dans une bataille de milieu de tableau où chaque unité compte, on prend.
Verstappen P6 chez lui : le contrat est plus spectaculaire que le Sprint
Pour Verstappen, l’ambiance était nettement moins « Orange mécanique ».
Parti sixième, le quadruple champion du monde a terminé… sixième. Devant Hamilton, certes, mais derrière Russell, Leclerc, Norris, Antonelli et Piastri. Autrement dit, le héros local a passé son Sprint à confirmer ce que la saison 2026 raconte depuis plusieurs mois : Max est toujours Max, mais sa Red Bull n’est plus la référence de la grille.
Le contraste avec l’annonce de jeudi est presque comique. Red Bull vient de sécuriser Verstappen jusqu’en 2030 en promettant de reconstruire avec lui une machine à gagner ; quarante-huit heures plus tard, à domicile, il termine derrière les deux Mercedes, une Ferrari et les deux McLaren.
Le contrat est donc béton.
Pour la voiture, les ingénieurs ont encore quelques travaux de maçonnerie.
Russell patron, Leclerc malin, Norris piégé
Devant, George Russell n’a laissé pratiquement aucune ouverture. Parti de la pole, le Britannique a mené les 24 tours et s’est imposé avec 1,360 seconde d’avance sur Charles Leclerc. Le Monégasque a réalisé le joli coup du jour : chaussé de tendres alors que ses principaux rivaux avaient choisi les mediums, il a réussi à préserver suffisamment ses pneus pour dépasser Lando Norris au 18e tour.
Norris a terminé troisième, sous la menace d’Antonelli, tandis que Piastri a contenu Verstappen pour la cinquième place. La pluie, elle, a attendu les toutes dernières secondes pour arriver. Zandvoort avait manifestement décidé de conserver son sens du timing jusqu’au bout.Russell empoche les huit points de la victoire, Leclerc sept et Norris six. Antonelli, quatrième, conserve surtout une confortable avance au championnat avec 224 points, devant Hamilton à 171 et Russell à 168. Verstappen est désormais sixième avec 112 unités, tandis que Gasly occupe la neuvième place avec 43 points.
Gasly et Verstappen, même fidélité… pas tout à fait le même compte en banque
Gasly avait donc raison de sourire au sujet du manager de Verstappen. En F1, quand un pilote exceptionnel décide de rester malgré une période moins flamboyante, cela s’appelle de la confiance. Quand le contrat court jusqu’en 2030 et concerne un quadruple champion du monde, cela s’appelle aussi un excellent rapport de force.
Mais le Français peut difficilement se moquer trop longtemps : avec son contrat Alpine jusqu’en 2028, il a lui-même acheté plusieurs années d’espoir dans un projet en reconstruction. La différence, c’est que Max attend que Red Bull redevienne championne. Gasly, lui, attend qu’Alpine lui fournisse régulièrement une voiture capable de se battre devant le milieu de grille.
À Zandvoort ce samedi, les deux hommes ont d’ailleurs terminé presque voisins : Verstappen sixième, Gasly huitième.
Comme quoi, les contrats peuvent courir jusqu’en 2028 ou 2030…
le chronomètre, lui, ne signe jamais rien.
Classement du Sprint – GP des Pays-Bas, Zandvoort
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— Formula 1 (@F1) August 22, 2026









