En Grands Prix, œuvre actuellement un patron d’équipe à l’ancienne. En effet, en Moto2, toutes les équipes de pointe utilisent ou ont utilisé le dominant châssis Kalex, la référence absolue depuis plus d’une dizaine d’années même si le Boscoscuro s’est aussi imposé aux mains d’Ai Ogura en 2024. Toutes ? Non, une équipe refuse d’entrer dans le moule : il s’agit de Forward Racing, aujourd’hui officiellement appelée Klint Racing Team. Elle est dirigée par l’Italien Giovanni Cuzari, et construit ses propres châssis, seulement deux sur la grille. Cette formation est unique en son genre.
À Silverstone, l’un des pilotes Forward, Alex Escrig, est monté sur le podium. Un véritable succès qui a mis en lumière cette équipe atypique. En effet, Cuzari pense différemment de tous les autres. D’abord, il ne veut pas de pilotes payants. « Je suis totalement opposé à ceux qui demandent de l’argent aux pilotes pour participer à des courses ; ils risquent déjà leur vie. Ces derniers jours, après le podium en Angleterre, j’ai reçu des appels de pilotes me proposant jusqu’à 500 000 € pour passer en Moto2. Accepter serait irrespectueux ; j’aurais l’impression de profiter d’eux. Je suis un romantique ; je préfère tenter de gagner en étant outsider » déclarait-il pour GPOne.
Pourtant, Cuzari pourrait bien avoir un problème car Escrig, sur le podium pour la première fois de sa carrière, n’a pas renouvelé. Cuzari n’a pas peur de dire qu’il l’a en travers. « Il y a quatre ans, Escrig s’est présenté à mon camion et m’a dit qu’il n’avait pas d’argent pour faire de la course, mais qu’il était convaincu d’avoir un grand talent. J’étais tellement enthousiaste que j’ai décidé de tenter ma chance. J’ai proposé à Alex un contrat de deux ans avec un salaire fixe et des primes, et il a refusé : c’était comme s’il m’avait donné un coup de poing en plein visage. Je rappelle que pour un constructeur, un pilote coûte entre un et un million et demi d’euros par an » ajoutait-il.
Ainsi, il est pour les « académies » comme en Formule 1. « À mon avis, c’est un système qui pourrait aussi fonctionner ici, similaire à celui du football. Je fais référence à une immatriculation des pilotes que les équipes de MotoGP devraient acheter. » En gros, que l’équipe formatrice touche une compensation lorsque le pilote en question signe dans un meilleure team par la suite (un peu comme si Italtrans avait touché de l’argent pour la signature de Bastianini chez Ducati). « C’est précisément pourquoi chaque équipe MotoGP devrait être associée à une équipe Moto2, afin de créer un lien. Malheureusement, ou peut-être heureusement, nous ne faisons pas les règles et nous devons nous adapter » concluait-il.
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Photo : Instagram Cuzari









