pub

Dans le cadre de la conférence de presse du Shark Grand Prix de France qui s’est tenue mardi à Paris, nous avons pu interviewer Johann Zarco qui rentrait tout juste du Texas.

Le pilote français a pu répondre aux questions des nombreux journalistes présents mais nous avons aussi souhaité ce jour-là préciser la difficulté, sur le plan physique, que constituait le Grand Prix des Amériques. En effet, dès le samedi soir au terme des qualifications, le pilote Ducati Pramac faisait part lors de son briefing d’une inquiétude dans ce domaine quant à la course à venir en indiquant « cet effort sur les 20 tours, c’est un peu préoccupant ». Le lendemain, à l’issue de la course, Johann Zarco soulignait dans son bref débriefing qu’effectivement, « c’est la course la plus dure de l’année ».

Nous avons donc interrogé le double champion du monde Moto2 sur ce sujet, d’autant plus que l’homme a toujours été en très grande forme physique, ne cachant pas par exemple ses multiples ascensions du Mont Ventoux en vélo ou ses longues séances d’apnée au fond de la Méditerranée…

Pour le grand public, piloter une moto n’est pas forcément un sport très physique, à l’inverse du vélo ou de l’athlétisme. Pourtant, les fréquences cardiaques affichées par Dorna Sports montrent bien à quel point tous les pilotes MotoGP sont de véritables athlètes de très haut niveau, devant fournir un effort musculaire et intellectuel maximum pendant 40 minutes, tout en étant sur le fil du rasoir…

Johann Zarco : « Pour comprendre à quel point c’est dur, en fait le manque d’aisance fait qu’on force davantage sur la moto, et au-delà même au-delà de la capacité du cœur à monter et à résister à une fréquence cardiaque maximale, sur les 40 minutes, c’était aussi musculaire. À un moment, on subit une perte de force parce que la moto devient difficile à piloter. Et encore, je ne suis pas un spécialiste du vélo mais le fait de s’entraîner et de progresser physiquement, ça permet de tenir sur ce type de course. Mais là, la difficulté physique sur une course comme ça est plus que musculaire : on est à bout de force ! Ça a été comme ça pour ma part, parce que la moto est encore difficile à piloter avec les pneus usés, et pour les autres je pense que cela a été très dur aussi. En fait, cela vient du tracé de cette piste, et le fait de changer d’angle avec une moto lancée à plus de 200 km heures et qui pèse 160 kg, ça demande de combattre toute une inertie qu’il faut savoir gérer. Et après avoir géré cette inertie dans les changements d’angle, il y a des freinages où on passe de 230 à 60 km/h. Cette décélération est très particulière, et à Austin elle est toujours sur le bras gauche puisque les virages tournent à gauche. Et cette répétition sur tout le côté gauche du corps fait qu’à un moment on fatigue. Or on ne peut pas se préparer plus que ce qu’on se prépare, juste pour ce Grand Prix. »

Fut une époque où, comme en voiture, les pilotes étaient quasiment en apnée au freinage et dans les virages afin de contrer les effets des G. Aujourd’hui, les fréquences cardiaques atteintes ne rendent plus cela d’actualité…

« Non ! Non parce que le cœur est à 180 tout le temps et on ne peut pas faire d’apnée avec le cœur à 180. Tu es essoufflé tout le temps, donc il n’y a pas d’apnée puisque le cœur est trop haut. »

Sans aller jusqu’à des extrêmes comme Danilo Petrucci, on peut aussi se demander si les performances des MotoGP modernes ne favorisent pas aujourd’hui un tantinet les pilotes fins sur la longueur de la course, à l’image de Fabio Quartararo ou Valentino Rossi, au détriment de pilotes un peu plus trapus tels Johann Zarco ou Andrea Dovizioso. Du moins lors d’un Grand Prix extrême, tel celui des Amériques…

Nous poserons donc la question à son préparateur physique Romain Guillot.

 

Austin

 

Tous les articles sur les Pilotes : Johann Zarco

Tous les articles sur les Teams : Pramac Racing