Le marché des transferts MotoGP 2027 continue de s’agiter et, en coulisses, un nom revient avec de plus en plus d’insistance : Senna Agius. Rien n’est encore officiel, mais plusieurs sources indiquent que le pilote australien de Liqui Moly Dynavolt Intact GP serait désormais favori pour décrocher un guidon chez Tech3-KTM, devant son propre coéquipier Manuel Gonzalez. Un choix qui peut surprendre au regard des résultats actuels… mais qui s’explique par un profil technique très particulier.
Né à Sydney en 2005, Agius appartient à cette nouvelle génération australienne qui a grandi loin des circuits européens. Son école de pilotage n’a pas été l’asphalte… mais le « flat track ». Pendant près de dix ans, il y apprend une philosophie très différente de celle des pilotes européens : contrôler la moto avec la roue arrière, accepter la glisse, limiter les sollicitations de l’avant et conserver de la vitesse en laissant la moto pivoter.
Après des débuts remarqués en JuniorGP puis en Championnat d’Europe Moto2, il arrive en Championnat du monde : débuts Moto2 en 2023 ; premiers podiums en 2024 ; première victoire en 2025 ; confirmation parmi les candidats naturels au MotoGP en 2026.
Agius ne cache pas son ambition. Interrogé par Speedweek, il estime que son style sera encore plus efficace en MotoGP. « Chaque fois que je suis monté sur une moto plus puissante, mes performances ont progressé. » Pour lui, passer dans la catégorie reine n’est donc pas un pari mais presque une évolution naturelle.
Son manager, Chaz Davies, partage entièrement cette analyse et considère que le véritable potentiel de son pilote ne pourra s’exprimer qu’avec une MotoGP.

Senna Agius revendique le style Casey Stoner
Agius revendique par ailleurs ouvertement l’influence de Casey Stoner. L’Australien explique que son instinct consiste toujours à faire tourner la moto grâce à la roue arrière. « J’ai appris à diriger la moto avec la roue arrière. » Il rappelle également une célèbre analyse de Stoner : « Les pilotes européens pilotent davantage avec la roue avant. »
Une philosophie qui tranche avec le pilotage moderne très axé sur un freinage extrêmement tardif, une forte charge sur le train avant et une entrée de virage très précise. Le style d’Agius semble davantage privilégier la rotation naturelle, la motricité et le contrôle des dérives.
À première vue, Manuel Gonzalez possède aujourd’hui un CV plus solide. Mais KTM prépare l’arrivée des 850 cc en 2027. Or cette nouvelle réglementation devrait profondément modifier le pilotage : moins d’aérodynamique ; disparition des « ride-height devices » ; pneus Pirelli et motos plus mobiles.
Autrement dit… …le championnat pourrait justement redevenir plus favorable aux pilotes capables de faire pivoter naturellement leur moto. Le profil d’Agius colle parfaitement à cette évolution.
Ces derniers jours, plusieurs acteurs du paddock ont rappelé, comme Randy Mamola, que le pilote redeviendra central en 2027. Jorge Lorenzo expliquait encore récemment que Valentino Rossi possédait un talent naturel impossible à reproduire au freinage. Casey Stoner, quant à lui, a toujours incarné un pilotage davantage basé sur le contrôle de la roue arrière. Agius revendique précisément cette école australienne.
Ce n’est pas un hasard si certains responsables techniques voient déjà dans la réglementation 2027 une opportunité pour ce type de pilote. Si cette tendance se confirme, KTM ne choisirait pas forcément le pilote ayant le meilleur palmarès immédiat, mais celui dont le potentiel correspond le mieux à la nouvelle génération de MotoGP.
Le parallèle avec Casey Stoner est séduisant, mais il convient de rester prudent : Stoner possédait un talent exceptionnel qui dépassait largement sa seule technique de pilotage. En revanche, le fait qu’Agius ait construit son style autour de la gestion de la roue arrière pourrait effectivement devenir un avantage dans un MotoGP 2027 où l’électronique, l’appui aérodynamique et les artifices techniques seront réduits.
Si KTM mise réellement sur lui, ce sera probablement moins pour ce qu’il est aujourd’hui que pour ce qu’elle pense qu’il deviendra dans le nouveau MotoGP. Ce n’est pas seulement une rumeur de transfert. C’est peut-être l’un des premiers indices montrant le type de pilote que recherchent déjà les constructeurs pour la nouvelle ère technique des 850 cc : des pilotes instinctifs, capables de faire tourner une moto davantage avec leur talent qu’avec les aides aérodynamiques.









