À seulement 21 ans, Oliver Bearman fait déjà partie des jeunes pilotes les plus prometteurs de la Formule 1. Membre de la Ferrari Driver Académie depuis 2022, le Britannique continue de rêver d’un volant officiel chez la Scuderia. Mais l’évolution récente du marché des pilotes l’oblige à revoir son calendrier.
Le renouvellement de Charles Leclerc et le retour au premier plan de Lewis Hamilton ferment, au moins à court terme, les portes de Maranello. Une situation que Bearman accepte avec réalisme, sans pour autant renoncer à son objectif.
Révélé en 2024 lors de son remplacement remarqué de Carlos Sainz à Djeddah, où il avait immédiatement terminé dans les points, Bearman s’est depuis installé durablement en Formule 1 chez Haas. Aux côtés d’Esteban Ocon, il poursuit son apprentissage tout en restant sous l’œil attentif de Ferrari.
Interrogé dans le podcast Beyond The Grid, le Britannique reconnaît que les excellentes performances retrouvées de Lewis Hamilton compliquent forcément ses perspectives. « C’est plutôt sympa de voir mon idole Hamilton revenir à un tel niveau… mais, pour mon avenir, ce n’est évidemment pas idéal. »
Loin de s’impatienter, Oliver Bearman préfère voir le bon côté des choses. « Je n’ai que 21 ans. Je ne suis pas pressé. Rester encore quelque temps chez Haas n’est pas une mauvaise chose. J’y apprends énormément et il y a encore beaucoup à accomplir. »

Oliver Bearman : « Mon ambition est de me battre pour les championnats du monde. Si cette possibilité se présente ailleurs, je la saisirai »
Son discours change toutefois lorsqu’il évoque le long terme. Ferrari demeure son objectif numéro un, mais il refuse de construire toute sa carrière autour d’une hypothétique opportunité. « Mon objectif est de devenir pilote Ferrari un jour. Mais je ne veux pas rester trois, quatre ou cinq ans à attendre un volant. Rien ne garantit qu’il se libérera un jour, et je pourrais perdre mes meilleures années. »
Bearman assume même une certaine forme d’égoïsme dans sa réflexion. « Mon ambition est de me battre pour les championnats du monde. Si cette possibilité se présente ailleurs, je la saisirai. »
Cette ouverture explique pourquoi son nom circule désormais dans plusieurs dossiers du marché des transferts. Le Britannique a récemment été évoqué chez Red Bull dans l’hypothèse d’un départ de Max Verstappen, mais également du côté d’Aston Martin, toujours à la recherche de talents capables d’accompagner son ambitieux projet technique. Pour l’heure, aucune de ces pistes n’a pris une tournure concrète.
Le discours de Bearman est révélateur de l’évolution de la filière Ferrari. Pendant longtemps, appartenir à la Ferrari Driver Académie signifiait presque automatiquement attendre patiemment qu’un baquet se libère. Aujourd’hui, la Formule 1 évolue beaucoup plus vite. Les contrats sont longs, les équipes investissent davantage dans leurs pilotes et les opportunités deviennent plus rares.
Bearman semble l’avoir parfaitement compris. Il continue d’afficher sa fidélité à Ferrari, mais il envoie aussi un message très clair : sa priorité est de devenir champion du monde, pas uniquement pilote Ferrari.
C’est une approche pragmatique qui rappelle celle d’autres jeunes talents ayant finalement construit leur carrière ailleurs après être passés par une académie prestigieuse. Si Ferrari conserve durablement le duo Leclerc-Hamilton, ou prépare déjà l’après-Hamilton avec un autre profil, Bearman pourrait rapidement devenir l’un des pilotes les plus convoités du marché. Son âge, sa vitesse, sa maturité et sa capacité à développer une monoplace constituent des qualités très recherchées.
En restant performant chez Haas tout en gardant toutes les portes ouvertes, le Britannique maximise finalement ses chances. Ferrari reste son rêve, mais il ne semble plus disposé à sacrifier plusieurs saisons simplement pour attendre qu’il se réalise.










