On attendait une réaction de Pecco Bagnaia au Mugello, sur l’un de ses circuits favoris. Et, honnêtement, il a répondu présent. Même s’il a encore quelques faiblesses visibles, l’officiel Ducati est sur une série assez intéressante, puisque ça fait cinq Grands Prix qu’il finit au moins une des deux courses dans le top 3. Jusqu’où peut-il aller ?
Bagnaia et sa stratégie audacieuse
L’Italien a fait le job. Au Mugello, où il s’est imposé trois fois consécutivement en GP de 2022 à 2024, Bagnaia a terminé troisième de la course dominicale, non sans avoir sué dans le dernier virage. En fait, sa stratégie était simple : partir le plus vite possible en épuisant ses pneus, puis, prier pour ne pas trop se faire remonter durant la phase de gestion. À un moment, on pensait peut-être qu’il allait s’imposer, vu qu’il avait huit dixièmes d’avance sur Bezzecchi, deuxième. Mais le pilote Aprilia avait également l’air sûr de lui, en témoignait sa remontée puis son dépassement.

J’ai très hâte de le revoir à son top niveau. Il faudra sans doute attendre l’année prochaine. Photo : Michelin Motorsport
C’était une idée audacieuse pour deux raisons. Premièrement, il est extrêmement inconfortable de devoir défendre une position sans pneus, tous les pilotes le diront. La chute peut arriver très vite, et, en un sens, il a eu de la chance qu’Ai Ogura n’ait pas un virage de plus pour l’attaquer. La défense de Bagnaia était intelligente dans ce dernier tournant, mais je dois dire que le Japonais n’a pas fait le choix le plus efficace non plus. J’en profite pour ouvrir une parenthèse sur Ogura, mais il faut qu’il fasse très attention sur ses dépassements. Sur les deux derniers Grands Prix, il a multiplié les manœuvres forcées, et a même touché ses adversaires à plusieurs reprises. Il ne doit pas rentrer dans la même catégorie que Raul Fernandez.
La deuxième raison est encore plus évidente : pour que la stratégie de Bagnaia fonctionne, il fallait un bon départ, et un bon premier tour, disons. Pourtant, depuis 2025, on sait qu’il peine à dépasser aussi clairement qu’avant, qu’il n’a plus le même avantage au freinage. Eh bien, depuis la sixième position sur la grille, il a réussi à s’extraire rapidement du peloton. C’est bon signe pour la suite, c’est certain.
Je dirais qu’il a bien géré son effort, et il montre que, même s’il est toujours en difficulté avec la Desmosedici GP26 – c’est net en qualifications, un domaine dans lequel il excellait il y a de ça deux ans –, il y a du progrès.
Peut-il revenir sur le podium du général ?

Pecco Bagnaia a montré du caractère. Photo : Michelin Motorsport
Maintenant, qu’en est-il de ses chances pour cette année ? Que peut-il viser ? C’est difficile à dire, car on a bien vu, en 2025, à quel point il pouvait être imprévisible. Bagnaia est toujours un pilote qui tombe beaucoup. Et puis, c’est sans compter sur le possible retour de son coéquipier Marc Marquez, que l’on sait très à l’aise sur certains circuits qui vont venir, à commencer par le Balaton Park.
Pourtant, quand l’on regarde le classement, Pecco est étrangement bien placé au vu de la saison qu’il réalise. En gros, il s’en sort bien, mais j’ai déjà parlé de ça dans un précédent article. Après le Mugello, il est septième du général, mais à seulement dix points de la cinquième place actuellement tenue par Ai Ogura. Personnellement, je crois qu’avec un matériel moins performant, il peut tout à fait passer devant Raul Fernandez et Ai Ogura, au minimum. Je trouve les deux pilotes Trackhouse très fébriles. Ces derniers temps, ils ont montré de belles choses, mais ont également commis des erreurs grossières alors que d’énormes points leur étaient promis.
Devant, c’est Pedro Acosta. Marc Marquez lui-même a admis la supériorité de la Ducati par rapport à la KTM (des sources affirment que les Autrichiens auraient abaissé la limite de régime des RC16 pour éviter de nouvelles pannes), mais malgré tout, je pense qu’Acosta, en 2026, est en train de faire une saison magnifique, et en plus, mal payée – rien que Barcelone lui coûte un bras. Je pense qu’il sera très difficile pour Bagnaia de le rattraper sans parler des risques de blessures, bien entendu. Idem pour Di Giannantonio, moins bon intrinsèquement, mais cette saison beaucoup plus motivé et en harmonie avec la GP26.
Bagnaia doit se méfier de Marc Marquez, mais également de son frère Alex lorsqu’il va revenir – il était meilleur que Pecco avant sa chute –, sans parler de Fermin Aldeguer, qui progresse à mesure que sa jambe va mieux.
Pour conclure, je ne vois pas Bagnaia exploser et revenir significativement sur la tête, car il lui manque encore cette connexion avec sa machine, qui lui permettrait de retrouver plus fréquemment la première ligne, et ainsi avoir une vraie chance de gagner une course, ce qui n’est pas encore arrivé.
Qu’imaginez-vous pour Pecco Bagnaia sur le reste de la saison ? Dites-le-moi en commentaires !

Ne jamais sous-estimer un champion. Photo : Michelin Motorsport
Photo de couverture : Michelin Motorsport






























