Michele Pirro est le pilote d’essai emblématique de Ducati en MotoGP depuis 2013, et a largement contribué au développement qui a permis de faire de la Desmosedici la moto de référence du plateau. Pourtant, à son arrivée chez les Rouges, la situation était bien différente, avec une moto extrêmement difficile à piloter, malgré le titre de Casey Stoner en 2007. Cette année-là, le box perdait d’ailleurs Valentino Rossi qui repartait chez Yamaha après deux saisons noires.
« Je suis arrivé chez Ducati et tout le monde, absolument tout le monde, des techniciens aux autres membres de l’équipe, disait : ‘Il n’y a que Stoner qui pilote cette moto, il n’y a que Stoner qui gagne' », a raconté Pirro dans le podcast italien Mig Babol d’Andrea Migno.
« La Ducati était performante, je veux dire, si tu faisais un tour à fond avec 280 battements de cœur par minute et avec les bras de Schwarzenegger, la moto tenait le coup. J’ai dit aux gars ‘mais vous comprenez que c’est impossible de faire 80 ou 90 tours lors d’une journée de test si la moto n’est pas facile à piloter ?’On doit essayer de concevoir une moto facile à piloter, qui permette d’atteindre facilement un bon niveau grâce à ce petit plus’. Dovi est un maître de cette philosophie, tout comme Jorge Lorenzo, mais Stoner était l’opposé. Stoner voulait une bête. J’ai fait un tour avec la cartographie de Stoner à Sepang et je me suis dit ‘euh attendez une minute’. Il a réussi à user un train de pneus Michelin dès son tour de sortie, ce qui est incroyable ! »

Le pilote italien est revenu sur le rôle majeur de Casey Stoner au sein de chez Ducati. Après avoir apporté un titre mondial historique au constructeur, il est devenu lui aussi pilote d’essai à partir de 2015. Seulement, Michele Pirro estime que son pilotage unique et très agressif a rendu la Desmosedici impossible à piloter, un point sur lequel il a beaucoup travaillé avec Ducati.
« Stoner s’était proposé, et il était venu pour montrer son ego et son talent, tout ça, mais il ne travaillait pas pour une vision plus large, il travaillait pour lui-même. D’ailleurs, la moto qu’il préparait avec ses cartographies n’était pilotable que par lui. Il voulait avoir la moto sous contrôle. Contrairement aux pilotes ‘normaux’, il voulait tout maîtriser lui-même. Il gérait la traction avec le frein arrière, donc il ne voulait pas de commandes ni de l’anti-wheeling. Pour lui, c’était comme ça », a-t-il raconté.
« Quand il expliquait comment aborder certains virages, ce n’est pas comme s’il le disait du style ‘je l’ai vu faire sur la PlayStation’, il te le racontait parce qu’il l’avait fait, et tu le voyais avec les données et tu te disais ‘euh mais attends une minute’… Et il le faisait avec un tel naturel que ce n’est pas que je n’aie pas essayé ou que Lorenzo n’ait pas essayé, mais c’était contre nature, dans le sens où faire les virages 3 ou 11 à Sepang comme il le racontait, toi tu te disais ‘je vais me tuer’. »









