F1
Publié le 15 août 2026 • 02:00 par Oléna Champlain

F1 – Verstappen sort le casque d’adieu : Zandvoort ferme boutique, l’Orange Army prépare son dernier vacarme

Verstappen dévoile son casque pour l’ultime GP des Pays-Bas à Zandvoort, dernier rendez-vous à domicile avant la disparition de l’épreuve.

Max Verstappen a dévoilé le casque qu’il portera pour sa dernière course à domicile à Zandvoort. Bleu de Delft, lion néerlandais et parfum d’adieu : tout est prévu pour transformer le week-end en immense carte postale orange. Précision utile avant que le marché des transferts ne s’enflamme : Verstappen ne vient pas d’annoncer sa retraite. C’est le Grand Prix des Pays-Bas qui disparaît après 2026. Pour une fois, ce n’est donc pas Max qui quitte Red Bull, mais la F1 qui quitte sa plage.

 

Verstappen, dernière course à domicile…

« Ma dernière course à domicile » : six mots et immédiatement quelques palpitations

Max Verstappen sait parfaitement comment faire lever quelques sourcils. Sur ses réseaux, le Néerlandais a accompagné la présentation de son nouveau casque d’un message particulièrement sobre :

« Pour ma dernière course à domicile. Merci. »

Évidemment, lu rapidement entre deux rumeurs de transfert, cela pourrait ressembler à une annonce légèrement nucléaire. Ce n’en est pas une.

La Formule 1 avait annoncé dès décembre 2024 que le contrat de Zandvoort serait prolongé d’une seule année et que l’édition 2026 serait la dernière du Grand Prix des Pays-Bas, les promoteurs ayant eux-mêmes choisi de ne pas poursuivre au-delà. Max ne fait donc pas ses adieux à la F1. Il fait ses adieux à son jardin. Ce qui, connaissant l’Orange Army, devrait être nettement moins discret.

Un casque bleu de Delft pour éviter le traditionnel mur orange

Pour cette dernière, Verstappen a choisi de ne pas simplement repeindre son casque avec trois litres de peinture orange. Le design s’inspire du Delft Blue, la célèbre faïence néerlandaise bleue et blanche. Son merchandising officiel présente d’ailleurs explicitement ce casque comme celui de son « One Final Home Race », conçu pour sa dernière apparition au Grand Prix des Pays-Bas à Zandvoort.

Le bleu et le blanc dominent, avec des motifs rappelant la porcelaine traditionnelle et évidemment le lion associé à Verstappen.

Un hommage plutôt élégant.

Ce qui signifie probablement que dimanche après-midi, il sera entouré par 100 000 personnes habillées exactement dans la couleur qui apparaît le moins sur son casque. La cohérence néerlandaise a ses limites.

Zandvoort et Verstappen : trois ans pendant lesquels les autres avaient surtout le droit de regarder

Le lien entre Max Verstappen et Zandvoort dépasse largement l’exercice marketing. Lorsque la Formule 1 est revenue aux Pays-Bas en 2021 après 36 années d’absence, Verstappen a immédiatement gagné. Puis il a recommencé en 2022. Et, parce que visiblement deux fois ne suffisaient pas, encore en 2023.

Trois éditions, trois victoires consécutives.

Pendant cette période, Zandvoort ressemblait moins à un Grand Prix international qu’à une très grande fête privée de Max Verstappen à laquelle vingt autres pilotes avaient reçu une invitation par politesse.

Lando Norris a fini par casser la série en 2024, avec une victoire particulièrement autoritaire devant Verstappen, battu de près de 23 secondes. Oscar Piastri a ensuite remporté l’édition 2025, tandis que Verstappen terminait encore deuxième devant Isack Hadjar.

Bilan depuis le retour du circuit :

trois victoires et deux deuxièmes places pour Max en cinq courses. Il y a des circuits à domicile moins accueillants.

2026, en revanche, n’a rien du grand tour d’honneur

Le problème est que Verstappen arrive cette fois à Zandvoort dans une situation sportive radicalement différente de ses années de domination.

À la pause estivale, le quadruple champion du monde n’occupe que la sixième place du championnat avec 109 points, alors que Kimi Antonelli mène avec 219 points. Autrement dit, Max possède exactement la moitié des points du leader.

Voilà qui donne un sens assez inédit à l’expression « mi-saison ». Red Bull n’a encore offert aucune victoire en Grand Prix à Verstappen cette année. Son bilan comporte certes plusieurs podiums, dont une deuxième place en Autriche puis une autre en Hongrie, mais également trois abandons et une RB22 dont le comportement lui a régulièrement donné matière à enrichir le vocabulaire radiophonique de l’équipe.

À Budapest, il avait encore expliqué souffrir de problèmes différents au fil des tours et d’un équilibre qui se détériorait. Malgré cela, une stratégie agressive lui avait permis de récupérer la deuxième place derrière Norris. Pas exactement la machine avec laquelle on rêve d’aborder le dernier Grand Prix de son pays.

Heureusement, la F1 lui offre deux occasions de faire du bruit

Pour les adieux, Zandvoort n’aura pas droit à un week-end ordinaire. La dernière édition sera organisée du 21 au 23 août 2026 et comportera également une course Sprint. La décision avait été annoncée en même temps que la disparition programmée du Grand Prix.  Verstappen disposera donc d’une dernière occasion de gagner devant son public le samedi… Puis éventuellement de recommencer le dimanche.

Ou, dans l’hypothèse moins romantique où la RB22 conserverait ses habitudes 2026, de contempler une Mercedes, une Ferrari ou une McLaren disparaître devant lui deux fois au lieu d’une. C’est aussi cela, les week-ends Sprint.

La disparition de Zandvoort n’est pas un manque de public

Le plus étonnant reste que Zandvoort ne disparaît pas parce que personne ne vient. Depuis son retour en 2021, le circuit est devenu l’un des rendez-vous les plus reconnaissables du calendrier, notamment grâce à cette fameuse marée orange accompagnant Verstappen. La F1 avait pourtant proposé différentes solutions pour prolonger l’histoire, dont la possibilité d’une rotation avec d’autres Grands Prix européens. Les organisateurs ont finalement préféré terminer après 2026.  La décision illustre aussi l’embouteillage actuel du calendrier.

La F1 reste limitée à 24 manches tandis que Madrid a rejoint le championnat, Portimão doit revenir et Spa a lui-même accepté un système de rotation pour certaines saisons. Il faut donc faire de la place. Même lorsque la place en question contient un circuit historique, des dunes, une ambiance formidable et suffisamment de fumigènes orange pour modifier ponctuellement la météo locale.

Une dernière victoire serait tout de même assez bien écrite

Sportivement, Verstappen n’est plus le favori naturel qu’il était lors de ses trois succès consécutifs. Mais Zandvoort reste probablement le lieu où une victoire Red Bull aurait aujourd’hui le plus de poids émotionnel. Son dernier passage en 2025 s’était terminé par une deuxième place derrière Piastri. 

Sa dernière apparition de 2026 pourrait donc lui permettre de refermer la parenthèse exactement comme il l’avait ouverte en 2021 : tout en haut du podium, devant une tribune intégralement repeinte à ses couleurs. Ce serait presque trop propre pour la Formule 1. Et donc probablement compliqué.

Max ne quitte pas encore la scène. C’est la scène qui disparaît

Ce casque possède finalement quelque chose d’assez inhabituel dans une F1 où tout est généralement conçu pour annoncer la prochaine nouveauté. Celui-ci célèbre une fin. Depuis 2021, Verstappen et Zandvoort ont grandi ensemble : retour du Grand Prix, explosion de l’Orange Army, trois victoires consécutives et apogée de la domination Red Bull. Cinq ans plus tard, la situation s’est inversée.

Red Bull cherche à retrouver les sommets, Verstappen n’est plus champion en titre et Zandvoort s’apprête à quitter le calendrier. Le casque bleu de Delft restera donc comme le souvenir d’une époque où un dimanche néerlandais possédait une règle extrêmement simple :

tout était orange et Max gagnait.

Les 21, 22 et 23 août, il restera une dernière possibilité de vérifier si cette règle fonctionne encore. Après cela, les habitants de Zandvoort pourront enfin récupérer leur plage.

Et la Formule 1 découvrira qu’une Orange Army sans bataille à domicile fait tout de même beaucoup moins de bruit.