Moto GP
Publié le 19 août 2026 • 13:00 par André Lecondé

MotoGP – Michele Pirro cash : « Pas de solution miracle pour la Ducati 2026… le projet est arrivé à son terme »

Michele Pirro, pilote d’essai Ducati ne s’attend à aucun miracle sur la GP26 d’ici la fin de la dernière saison des 1000 cc.

Ducati

Ducati n’est plus cette machine qui semblait disposer d’une réponse à chaque problème. Après une fin de saison 2025 ayant révélé la montée en puissance d’Aprilia, 2026 a confirmé que la Desmosedici pouvait désormais être dominée selon les circuits. Et Michele Pirro vient surtout de livrer une information importante : à Borgo Panigale, personne ne semble attendre une révolution technique capable de renverser la situation avant Valence. Le projet 1 000cc arrive au bout de son histoire.

Les difficultés rencontrées à Silverstone n’étaient donc peut-être pas seulement un accident. Ducati savait que le tracé britannique ne constituait pas son terrain de jeu idéal. Mais voir Marc Marquez terminer neuvième du Sprint puis septième du Grand Prix, tandis qu’Aprilia imposait sa loi, a brutalement illustré une réalité nouvelle : la GP26 possède certaines faiblesses que Ducati ne pourra probablement plus éliminer cette saison.

Michele Pirro le reconnaît ouvertement. « Ce que nous avons constaté lors des premières courses reste, plus ou moins, d’actualité », explique le pilote d’essai Ducati à GPOne. Et surtout : « Il n’y a pas de solution immédiate à ces problèmes. Nous y travaillons, mais nous considérons que ce projet est désormais arrivé à son terme. » Cette dernière phrase change beaucoup de choses.

Ducati ne va pas sacrifier 2027 pour sauver la GP26

Il ne faut évidemment pas comprendre que Ducati abandonne le championnat 2026. Marc Marquez reste pleinement engagé dans la bataille pour le titre et Borgo Panigale continuera d’exploiter tout ce qui peut encore l’être sur la GP26. Mais le développement structurel est désormais tourné vers la nouvelle Desmosedici 850cc.

Et Ducati n’est d’ailleurs pas un cas isolé. L’arrivée en 2027 des moteurs 850cc, de Pirelli, d’une aérodynamique réduite et la disparition des dispositifs de correction d’assiette impose pratiquement de repartir d’une feuille blanche. Investir massivement pour corriger une 1 000cc condamnée à disparaître dans quelques mois aurait donc un coût considérable pour un bénéfice extrêmement limité.

Pirro consacre ainsi désormais l’essentiel de son travail à la moto 2027. Après un premier roulage avec les pilotes officiels à Brno, la future Ducati doit franchir une nouvelle étape en septembre au Red Bull Ring. Le véritable laboratoire de Borgo Panigale n’est donc déjà plus la GP26.

Une situation que Ducati avait presque oubliée

Il reste alors une conséquence sportive immédiate : Ducati va devoir vivre avec les qualités et les défauts de sa moto actuelle. « Chaque circuit sera une histoire en soi », prévient Pirro. Voilà probablement la meilleure définition du championnat 2026.

Pendant plusieurs saisons, Ducati avait progressivement effacé cette dépendance aux caractéristiques des circuits. La Desmosedici était devenue suffisamment complète pour gagner presque partout et, surtout, le nombre de motos compétitives permettait à un pilote Ducati de prendre le relais lorsqu’un autre rencontrait des difficultés.

Cette domination s’est fissurée. Aprilia possède aujourd’hui des circuits où son équilibre général lui permet clairement de prendre l’avantage. Silverstone en a constitué une démonstration spectaculaire.

Jorge Martin, Marc Marquez, MotoGP de Silverstone 2026.

Ducati peut donc difficilement espérer retrouver une domination permanente avant la fin de l’ère 1 000cc. En revanche, elle peut encore être redoutable ponctuellement. Le prochain Grand Prix pourrait justement offrir une image radicalement différente. « Je m’attends à ce que nous soyons à nouveau la référence en Aragon. Marc pourrait bien être la référence », estime Pirro.

Le choix du mot n’est évidemment pas innocent. MotorLand Aragon constitue l’un des territoires historiques de Marquez. Après un Silverstone où les caractéristiques de la GP26 ont limité sa capacité à faire la différence, Ducati va retrouver un tracé où le talent particulier de son pilote peut de nouveau peser lourdement dans l’équation.

Puis viendra Misano. Et là, Pirro regarde directement vers Aprilia et Marco Bezzecchi. « Misano sera difficile car Bezzecchi est rapide. Il l’était déjà l’an dernier. Mais Marc n’est peut-être pas loin derrière non plus. » Le scénario résume parfaitement cette fin de championnat : il pourrait ne plus exister une moto dominante, mais une succession de rapports de force déterminés par les circuits.

Le titre pourrait alors se jouer sur les erreurs

C’est probablement la conséquence la plus intéressante de l’analyse de Pirro. Si Ducati ne dispose plus d’un avantage technique permettant de contrôler le championnat et si Aprilia n’est pas supérieure partout, les écarts deviennent suffisamment faibles pour déplacer le facteur déterminant vers les pilotes.

« Je pense que ce championnat du monde se jouera vraiment sur des détails et, à mon avis, les erreurs d’un pilote plutôt que d’un autre pourraient aussi avoir une incidence. » Pour Marc Marquez, le message est limpide. Il ne peut plus attendre de Ducati une transformation radicale de la GP26. Il devra maximiser les circuits favorables, limiter les dégâts sur ceux qui le sont moins et éviter les erreurs pendant qu’Aprilia devra faire exactement la même chose.

Ducati n’abandonne donc certainement pas son titre. Mais Michele Pirro vient implicitement d’annoncer quelque chose de beaucoup plus inhabituel à Borgo Panigale : pour les dernières courses de l’histoire des MotoGP 1 000cc, Ducati va devoir gagner avec la moto qu’elle possède, et non avec celle qu’elle aurait encore le temps de construire.

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