Moto GP
Publié le 1 juin 2026 • 20:30 par Nicolas Pascual

Parlons MotoGP : Ce que vous n’avez pas vu au Grand Prix d’Italie

Ce Grand Prix était magnifique. Marco Bezzecchi s’est imposé devant une foule en liesse, mais d’autres éléments sont à retenir.

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Quel Grand Prix ! Franchement, que ça fait du bien de retrouver la ferveur italienne au Mugello ; je crois que les collines toscanes n’avaient pas été aussi animées depuis la retraite de Valentino Rossi fin 2021. Étant donné que le GP de Hongrie se déroulera à la fin de la semaine, je vous propose, aujourd’hui, une sorte d’article récapitulatif, qui reviendra sur différents points importants et enseignements tirés du week-end.

 

Marco Bezzecchi n’est plus le même

 

Je me dois de commencer par le vainqueur du jour, Marco Bezzecchi. L’officiel Aprilia a été immense, du début à la fin. Je ne l’ai jamais senti réellement en difficulté à huit dixièmes de Pecco Bagnaia, j’avais davantage l’impression qu’il conservait ses pneumatiques, ou qu’il gardait sa pression avant dans la bonne fenêtre. En quelques tours seulement, il a comblé l’écart et a dépassé son vis-à-vis sans grande difficulté.

 

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Bezzecchi champion, franchement, ça ne me dérangerait pas. Photo : Michelin Motorsport

 

Ce succès était assez exceptionnel, car j’avais peur, après Le Mans, de voir Jorge Martin prendre l’ascendant. Le « Bez » s’en était très bien sorti en Catalogne grâce à tous les faits de course, mais sur un circuit qui ne lui avait jamais réussi dans sa carrière, au Mugello, chez lui, il a frappé au moins aussi fort que le « Martinator » l’avait fait en Sarthe, finalement. Ceci me conforte dans l’idée que Bezzecchi peut clairement passer un cap cette année et a tout ce qu’il faut pour être champion du monde MotoGP. Sur le podium, l’émotion était explicite, et je crois que cette expérience à la maison peut clairement influencer positivement sa confiance et l’aider à poursuivre la dynamique sur les prochaines courses.

Martin n’a certainement pas été mauvais ; il fait un très bon week-end dans l’ensemble, a retrouvé la première ligne, et a sauvé de gros points, notamment le samedi, sans se précipiter. Il a 17 unités de retard sur le « Bez », mais rien n’est joué, il m’a également impressionné. Très gros week-end des officiels Aprilia dans l’ensemble.

 

La déception de ce Grand Prix ?

 

Vous savez à quel point j’adore Fabio Di Giannantonio, mais ce week-end, j’en attendais plus. En 2025, il avait été magistral, prenant la troisième place face à Pecco Bagnaia tard dans la course. Un an plus tard, et après avoir dominé le vendredi, il ne se qualifiait que septième, ce qui est déjà très handicapant au Mugello. Et, encore une fois – encore deux fois plutôt –, il n’a pas su se projeter rapidement vers l’avant. Bon, après, ce qu’il a proposé au public en termes de dépassement était juste dingue, ce mec me fait toujours lever de ma chaise. La manière dont il a éliminé Marc Marquez puis Diogo Moreira le samedi, c’était du grand art. Finalement, ça lui fait une troisième place en Sprint, et une cinquième en GP. Ce n’est pas si mal, il est toujours au contact de la tête du championnat (à 39 points de Bezzecchi), mais ça aurait pu être beaucoup plus s’il était mieux parti.

 

L’Aprilia RS-GP26 est la meilleure moto

 

Je crois que c’est clair, maintenant. Si Raul Fernandez ne se rate pas au premier virage du GP, je pense que la firme de Noale peut placer quatre RS-GP dans le top 4. Peut-être avait-il le rythme pour la gagne, d’ailleurs, je pense que personne d’autre ne pouvait embêter Bezzecchi.

J’aimerais juste revenir sur un point : sur internet, beaucoup affirment, de manière presque définitive, que l’Aprilia « mange » moins de pneu parce que Bagnaia a bien failli se faire avoir dans le dernier virage, et parce que les Aprilia ont fini fort. C’est plus compliqué que ça. En fait, les gommes Michelin sont tellement imprévisibles qu’il est impossible de tirer des enseignements d’une piste à l’autre. Tout dépend du composé, du circuit, mais aussi et surtout de la stratégie des pilotes.

 

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Sur les 15 derniers tours, Fabio Di Giannantonio était le pilote le plus rapide. Photo : Michelin Motorsport

 

Ogura n’a pas attendu la RS-GP26 pour terminer les courses rapidement, il a toujours mis à profit son rythme tard dans l’épreuve. En revanche, Bagnaia exprime des difficultés avec l’adhérence arrière depuis le premier GP de la saison, alors que les autres pilotes Ducati se plaignent plutôt de l’avant. Sur la fin, le rythme de Di Giannantonio était meilleure encore que celui d’Ai Ogura, c’est donc davantage une question de style que de moto.

Je l’avais déjà dit dans un article, mais le MotoGP, contrairement à la F1, entretient un flou général autour des pneus ; il est très difficile de tirer quelconque leçon quant à l’usure de telle machine, où le choix de telle gomme. Parfois, le médium va plus vite que le tendre, et d’autres, le soft est préféré pour des courses plus longues. C’est très confus pour le public, et, vu que chaque pilote a plus d’impact sur sa propre performance qu’en F1 – où le matériel dicte davantage le résultat –, il est impossible de faire des conclusions fiables de ce point de vue. Les Aprilia ont peut-être, au global, mangé moins de gomme au Mugello le dimanche 31 mai, mais ça ne veut pas dire que cette vérité tiendra toujours au Balaton Park le 7 juin.

Qu’avez-vous retenu de ce Grand Prix d’Italie ? Dites-le-moi en commentaires !

Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

 

Jorge Martin n’a certainement pas été ridicule. Photo : Michelin Motorsport

 

Photo de couverture : Michelin Motorsport