Le passage de Nicolò Bulega en MotoGP semble désormais n’être plus qu’une question de temps. Sauf retournement de situation, l’actuel leader du Championnat du monde Superbike rejoindra le team VR46 dès 2027, récompense logique après deux saisons exceptionnelles sur la Ducati Panigale V4 R. Mais ce cadeau pourrait s’accompagner d’une frustration. Selon plusieurs informations concordantes, le futur champion du monde Superbike ne disposerait pas immédiatement du meilleur matériel Ducati, contrairement à certains de ses futurs rivaux.
À 26 ans, Nicolò Bulega est en passe d’inscrire son nom dans l’histoire du WorldSBK. Avec 133 points d’avance à quatre manches de la fin, l’Italien se dirige vers un titre qui pourrait être remporté plus tôt que tous ses prédécesseurs. Le record appartient toujours à Doug Polen, sacré en 1991 avec cinq manches encore à disputer.
Même si ce record reste à confirmer sur la piste, une chose paraît acquise : Bulega quittera probablement le Superbike au sommet, avant de retrouver le paddock des Grands Prix qu’il avait quitté après son passage en Moto3 et Moto2.
Selon plusieurs médias italiens et allemands, Ducati et VR46 Racing Team auraient trouvé un accord portant sur une première saison en 2027, assortie d’une option pour 2028. Le choix n’a rien d’anodin. VR46 est devenue l’équipe satellite de référence de Ducati, étroitement associée au constructeur de Borgo Panigale. Bulega y retrouverait un environnement idéal pour effectuer son apprentissage de la catégorie reine.

Une Ducati pour Nicolò Bulega … mais pas forcément la meilleure
C’est précisément là que les choses deviennent plus nuancées. D’après Motorsport-Magazin, Ducati aurait décidé de limiter à une seule Desmosedici GP27 entièrement officielle par équipe satellite lors de l’introduction du nouveau règlement technique de 2027.
Concrètement, aussi bien VR46 que Gresini ne disposeraient que d’une seule moto bénéficiant en permanence des dernières évolutions développées par l’usine. La seconde machine utiliserait la même base technique, mais ne recevrait pas systématiquement les évolutions introduites au cours de la saison.
Chez VR46, tout indique que cette précieuse GP27 officielle reviendrait à Fermin Aldeguer. L’Espagnol possède déjà une expérience du MotoGP et représente depuis plusieurs années l’un des grands paris de Ducati. À l’inverse, Nicolò Bulega découvrira totalement la catégorie.
Le constructeur pourrait donc choisir de lui offrir une année d’apprentissage avant de lui confier, éventuellement, le matériel le plus évolué. Une stratégie finalement assez classique dans un programme de développement.
À première vue, certains pourraient s’étonner qu’un futur champion du monde Superbike ne bénéficie pas immédiatement du meilleur équipement disponible. Mais Ducati raisonne probablement autrement.
Bulega possède déjà un avantage important. Habitué depuis plusieurs saisons aux pneus Pirelli, qui feront leur arrivée en MotoGP en 2027, il partira avec une expérience que beaucoup de pilotes de la grille devront acquérir. Le constructeur pourrait donc considérer que cette familiarité avec les pneumatiques compense en partie l’absence d’une moto bénéficiant de toutes les évolutions.
Le même principe s’appliquerait chez Gresini Racing. Le constructeur italien ne fournirait qu’une seule GP27 d’usine, destinée selon toute vraisemblance à Joan Mir, tandis que Daniel Holgado, lui aussi débutant en MotoGP, disposerait de la seconde machine.
Autrement dit, Ducati semble vouloir réserver ses motos les plus évoluées aux pilotes déjà confirmés dans la catégorie reine.
Cette répartition du matériel aurait également joué un rôle important dans les négociations entre Ducati et Fermin Aldeguer. L’Espagnol souhaitait initialement poursuivre son aventure chez Gresini. Mais Ducati tenait à le transférer chez VR46, son équipe satellite de référence.
Selon plusieurs sources, le constructeur aurait obtenu son accord en lui garantissant la Ducati officielle ainsi qu’une revalorisation salariale dans le cadre de son contrat courant jusqu’en 2028.
Si ce scénario se confirme, Nicolò Bulega devra donc accepter une première saison de transition. Cela ne signifie pas pour autant qu’il sera condamné à jouer les seconds rôles. Les différences entre les Ducati satellites restent généralement limitées, surtout en début de saison, et les performances dépendront avant tout de sa capacité à s’adapter rapidement à une MotoGP totalement nouvelle.
En réalité, Ducati semble reproduire une recette qui a souvent fait ses preuves : protéger un jeune pilote en limitant la pression technique lors de sa première année. Bulega arrivera en MotoGP avec un immense prestige acquis en Superbike, mais aussi avec tout à apprendre. Lui offrir une saison d’adaptation, même sans bénéficier immédiatement de toutes les évolutions de la GP27, pourrait finalement constituer la meilleure manière de préparer un éventuel futur candidat au titre.










