L’année prochaine, Ducati alignera une nouvelle superteam, avec deux pilotes capables de remporter des courses, et, pourquoi pas, le Championnat du monde MotoGP. Pedro Acosta rejoint donc Marc Marquez, celui à qui on le compare sans cesse, la référence. Peut-il survivre, et, mieux, peut-il espérer le battre ? Analyse.
Marquez vs Acosta, un duel attendu depuis longtemps
Je ne vous cacherai pas mon excitation concernant ce titanesque affrontement entre les deux hommes. Le 14 septembre 2023, je publiais une analyse en deux parties intitulée : « Pedro Acosta est-il le prochain Marc Marquez ? », et les voilà bientôt voisins de box. Depuis, on a bien compris que le jeune espagnol n’était pas aussi fort et dominant lors de ses premières années que le n°93, mais il faut aussi prendre en compte le contexte historique de leur arrivée en MotoGP. Marquez, lui, débarquait dans la machine la plus rodée de l’histoire des Grands Prix, avec une moto capable de jouer la gagne, et à une époque où seuls les pilotes des usines japonaises pouvaient s’imposer. Acosta, lui, dut composer avec la GasGas d’une équipe satellite avant de monter aux côtés de Brad Binder, qu’il surclassait déjà dès son arrivée.

La KTM est troisième décrochée au classement constructeur, et c’est le cas depuis début 2024. Pourtant, avec, il a réalisé quelques prouesses, et continue d’impressionner même en 2026. Actuellement, sa situation comptable ne reflète absolument pas son talent, mais j’ai déjà évoqué cela dans un autre papier que je vous invite à lire en cliquant ici. D’ailleurs, Marquez lui-même avouait être bien content d’avoir la Ducati lorsqu’il affrontait Acosta sur la KTM ces derniers mois.
Personnellement, le fait qu’il n’ait pas encore pas gagné de Grand Prix contrairement à Raul Fernandez, Fermin Aldeguer, Ai Ogura et d’autres ne m’influence absolument pas. Je persiste et signe : Pedro Acosta est le deuxième meilleur pilote actuel derrière Marc Marquez, le seul autre qui tutoie l’impossible à chaque sortie. D’après moi, donc, nous aurons les deux meilleurs pilotes du monde dans la même équipe, et ça ne peut que m’enchanter.
Ducati ne prend pas de risque
On pourrait croire que Ducati fait un pari osé en recrutant deux fortes têtes, quand il aurait possible de faciliter la tâche à Marc Marquez en lui ajoutant un pilote moyen. C’est d’ailleurs comme ça que ça fonctionne pour certaines équipes en Formule 1. Mais non seulement Ducati ne prend aucun risque, mais en plus, c’était la bonne décision. Pourquoi ?
Premièrement, car tout va changer en 2027. Nouveaux moteurs, nouvelles motos, nouveaux pneus. Il faut absolument miser sur le talent brut, car s’adapter aux nouvelles configurations rapidement sera essentiel. À connaissance égale et faible, le génie primera. J’espère que vous ne m’en voudrez pas d’affirmer que Marquez et Acosta sont les deux plus grands talents actuels, en attendant de voir ce que peut faire David Alonso en catégorie reine.
Deuxièmement, dans l’histoire motocycliste, les superteams fonctionnent toujours. Ducati a essayé d’en aligner quelques-unes ces dernières saisons, mais, malheureusement, un pilote sur deux n’a pas répondu à l’appel. Enea Bastianini, tout d’abord, que l’on annonçait comme un monstre fin 2022, n’a jamais existé aux côtés de Pecco Bagnaia. Au final, c’est Jorge Martin, chez Pramac, qui lui a posé des problèmes. Puis, ce fut au tour de Bagnaia de décevoir à partir de 2025, alors que j’attendais personnellement le Pecco de 2024 face à Marc Marquez. Finalement, j’ai eu le Miller 2022. Mais dans tous les cas, Ducati a gagné, et sans guerre d’égos. Et même lorsque c’est le cas, c’est profitable à l’équipe : Jorge Lorenzo et Valentino Rossi se détestaient chez Yamaha, mais ont quand même pris quatre titres pilotes à deux en sept années de cohabitation. Idem chez Honda avec Stoner/Pedrosa, ça marchait très fort. Si, en sports collectifs, on dit généralement qu’additionner des noms prestigieux n’assure pas la victoire (comme avec les Galacticos du Real Madrid ou l’Équipe de France de Football à la Coupe du Monde 2026), ça se vérifie généralement dans l’histoire des Grands Prix motos.

Troisièmement, le cadre est excellent. Si le projet était bancal, on aurait pu remettre en question la pertinence de ce choix. Pour l’instant, on ne peut pas anticiper la hiérarchie des constructeurs en 2027, car il nous manque encore trop d’éléments. Mais au regard de l’histoire des sports mécaniques, on constate que les renversements sont rares ; ceux qui gagnaient avant gagnent aussi après. Il y a des exceptions, c’est vrai. Mais pour vous livrer un petit pronostic, je pense que Ducati sera la meilleure marque la saison prochaine. Ils ont le meilleur « cœur » d’ingénieurs, et rivalisent avec Aprilia, un constructeur très développé, sans aucune concession depuis bien longtemps. Malgré ça, la Desmosedici n’est pas larguée alors qu’elle est dotée du moteur spec 2024 ! Ils sont favoris en partant d’une feuille blanche, ça ne fait aucun doute pour moi. De plus, il ne faut pas sous-estimer leur puissance financière, largement supérieure à celle d’Aprilia. Ils auront également deux équipes satellites très performantes, VR46 et Gresini, qui sont des machines bien huilées et qui marchent, le tout avec d’excellents pilotes, tels que Fermin Aldeguer, le prometteur Daniel Holgado, etc.
Voilà, en gros, pourquoi je pense que la signature d’Acosta fait tout à fait sens à ce stade du projet.
Pedro Acosta a fait le bon choix
Ajoutons quelques mots sur la décision de Pedro Acosta. Après tout, j’imagine qu’il avait le choix. Pour tout ce que j’ai dit avant, c’est une excellente option, et même la meilleure disponible sur le marché. Le guidon d’usine Ducati est le plus convoité depuis 2022 au moins, donc ça n’était sans doute pas compliqué de se décider. Comparé à la dynamique KTM, que j’ai déjà évoquée dans cet article, c’est le jour et la nuit.
Croyez-vous beaucoup en Pedro Acosta ? Selon vous, Ducati a-t-il fait le bon choix ? Dites-le-moi en commentaires !
Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

Photo de couverture : KTM









